Début des témoignages

Un an après notre retour nous commençons à parler de notre expérience. « Il vous a fallu beaucoup de temps me direz-vous ».

En effet ! Le Seigneur a guidé nos pas jusqu’à Blois où très vite nous nous sommes remis au travail : Alix comme institutrice et Benoit comme responsable des élèves de 6ème à Sainte Marie. Au début nous ne parlions pas de notre voyage parce que nous étions fatigués de raconter toujours les mêmes choses aux gens. Nous avons rangés nos affaires, vendu notre tandem tout en attendant notre premier né : Sixte, qui est arrivé en février.

Ce qui fait que nous avons été bien occupés. Mais en Avril, nous nous sommes replongés dans nos photos, nos carnets de notes, et nous avons même ressorti notre matériel de vélo pour d’autres engins tout aussi amusants :

Depuis nous sommes intervenus au collège-lycée de saint Bonnet de Galaure sur deux jours. 10 témoignages différents, depuis les 6ème (11 ans) jusqu’aux terminales (17 ans), et à la communauté du foyer de Charité sur place également.

Ce fut une belle expérience, dont la joie fut apparement réciproque.

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Ici avec une classe de 5ème.

Il y a quelques jours Benoît s’est également remis à son travail en proposant deux petites interventions à Blois : l’une sur « les origines philosophiques de la crise de la paternité », l’autre comme une réponse, « un portrait du père », fortement inspirée de notre voyage.

A bientôt pour d’autres nouvelles. N’hésitez pas à nous solliciter pour témoigner  !

 

Enfin…les franciscains !

Presque 50 jours après Pâques, voici une petite vidéo et un article tirés de notre rencontre avec les franciscains du Renouveau, dits franciscains du Bronx.

Nous remercions les frères d’avoir pu vivre le Triduum avec eux et d’avoir pu échanger, particulièrement avec le père Louis et le frère Pierre, sur la paternité et la vie dans le Bronx.

Avec brother Peter.

Avec brother Peter.

Father Louis, frère Franciscain du Renouveau a grandit à Brooklyn. Célèbre musicien de RAP et R&B à New-York, il se convertit en 1993, au cours d’un pèlerinage à Medjugorge, après plusieurs années d’une vie plutôt agitée, « a crazy life » (folle vie) rapporte t-il, durant lesquelles il a touché « à tout ce que la société propose d’immoral ».

Father Louis

Father Louis

En 1995 il rencontre les frères Franciscains et est ordonné prêtre en 2001. Par son travail et l’accompagnement de jeunes-hommes de la rue, Father Louis a découvert l’importance du père et combien son absence pouvait être source de grands maux. Il partage avec nous ses réflexions sur la paternité.

  • –  Selon vous, les hommes sont à l’origine de presque tous les problèmes du monde. Pourquoi ?

    –  Peu de temps après ma conversion, j’ai commencé à travailler avec des jeunes hommes, tous étaient dans la rue. A travers eux j’ai clairement vu et compris que les pères étaient les grands absents de la société. J’étais avec environ 40 jeunes-hommes de 12 à 20 ans, et parmi eux pas un n’avait connu son père. Ils touchaient tous à la drogue, au deal, et étaient coutumiers des arrestations… Mais pas un n’avait connu son père. Cela m’a interpellé et j’ai dit à Dieu : « Je veux passer le reste de ma vie sur ce problème ; il faut que les hommes deviennent de réels hommes. »

    Les femmes qui ont des problèmes dans le monde ont souvent été malheureuses à cause des hommes. En fait de ce que je vois comme « problèmes » dans notre culture, les hommes en sont toujours à l’origine. Et là où nous avons le plus besoin d’hommes, c’est dans la famille qui se construit grâce aux hommes qui « sacrifient », qui donne leur vie pour leur femme et leurs enfants. La paternité est l’antidote de la culture.

    Dans le Bronx, très peu de famille ont des hommes à la maison, on trouve beaucoup de mères et de grand-mères seules. C’est très triste car un garçon peut vraiment apprendre à devenir un homme par un homme. Je peux voir un homme marcher le long de la rue et simplement à la manière dont il marche, je peux dire : « Il n’a pas eu de père. » Nous avons un gros problème dans le Bronx et dans le monde en général.

    Quand on est dans une bataille, on attaque le chef et c’est la débandade. De même, si vous vous attaquez au leader de la famille, la famille n’a plus de direction.

    On s’y attaque dans les films, les séries télévisées, par exemple ici en Amérique, depuis les années 80 les hommes ressemblent à des idiots qui disent toujours oui à leurs fils, la mère se moque de son mari, et tout le monde rit de lui.

  • –  Beaucoup de psychologues font un lien entre l’absence du père et la violence que l’on observe par exemple dans le Bronx. Qu’en pensez-vous ?

    –  Tous les enfants ont droit à un père et à une mère. Ils le savent à l’intérieur d’eux-même. Donc quand le père est absent, ils sont en colère. Quand je travaillais avec ces jeunes, tous étaient violents. Il y en avait un particulièrement qui ne pouvait pas parler sans s’énerver. Un jour, je lui ai demandé : « Pourquoi es-tu si en colère ? » Il m’a répondu: « Je vais vous dire pourquoi je suis si en colère. Parce que je hais mon père. Je ne l’ai jamais vu. Mais s’il passe la porte, je le tue ». Et il était sérieux.

  • –  Comment définiriez-vous le rôle du père dans la famille ?

    –  Voici ma vision de la vie de famille :

Les enfants sont comme de la glaise. La mère est celle qui nourrit les enfants, elle est celle qui conserve la glaise malléable. Et le père est celui qui modèle. Si vous n’avez pas l’eau, si vous n’avez pas le mouleur, vous avez juste un bloc de glaise qui n’est bon à rien. Et c’est la déformation de l’être humain. La glaise doit devenir quelque chose de beau telle que le Créateur l’a voulu. Il semble qu’au début de la vie de l’enfant, la mère soit très importante. Mais à un certain âge, il regarde plus son père pour orienter sa vie, aussi bien les garçons que les filles.

Le père, dans la manière dont il vit sa vie de famille, et encore davantage, dans la manière dont il aime sa femme, enseigne aux hommes comment être des hommes, comment être respectueux, comment aimer, comment se sacrifier. Et il enseigne à la femme ce qu’elle peut chercher dans un homme et ce qu’elle peut en attendre dans la manière d’être aimée, protégée, dans ce qu’il peut lui apporter. Si cette partie manque dans la famille, les enfants ne savent plus où regarder.

La paternité est un travail de tous les jours. Pas de « day-off » (jour de repos). Si vous en prenez un, les enfants le sentent et vous leur enseignez alors qu’on a le droit de prendre un « congé dans l’amour ».
Je n’ai jamais pensé que mon père n’était pas impliqué dans ma vie. Il avait trois boulots. Mais malgré cela, il s’arrangeait toujours pour être là à l’heure du dîner ; là où la famille s’assoit toute ensemble. Papa était impliqué dans toutes les décisions. Il était le roc de la famille. Avec ma mère, ils étaient un esprit, un coeur. Ils pensaient tout ensemble. Et ça marche ! Etaient-ils parfaits ? non !

Bien sûr, il y a toujours des exceptions. Vous pouvez avoir une famille sans père, et une où tous les enfants seront magnifiques. Ils n’auront pas connu le bonheur d’avoir un père, mais ils seront paisibles, bons citoyens, bons travailleurs et auront peut-être une famille. C’est une grâce spéciale. Ce n’est pas typique. C’est une exception. Mais ça existe.

Juste avant notre départ vers le Canada.

Juste avant notre départ vers le Canada.

Et le père dans tout ça ?

Voici un petit brainstorming de diverses réflexions partagées ces derniers mois. Tout ceci vient de discussions, témoignages reçus de parts et d’autres. La plupart des témoignages ont été enregistrés et apparaîtront peut-être dans un livre, qui sait ? Nous espérons être fidèles à ce que nous avons entendu.

France

  • Le père, garant de la joie de la famille
  • Le père est celui qui permet à la femme, à la mère, de vivre dans le présent et non pas toujours projetée dans les futures tâches à accomplir.
  • C’est au père de faire respecter la loi, de poser les cadres.
  • Il appartient à la mère de permettre à l’homme de devenir père en lui laissant sa place auprès des enfants. Ainsi, il importe que le père puisse passer du temps avec ses enfants, jouer avec eux… Car les enfants accepteront plus facilement les cadres posés par leur père.  ( par une mère de famille )

Italie

  • Le père est le chef de la famille.
  • A l’extérieur le père est devant, à l’intérieur, la mère est la reine.
  • Le père donne la sécurité et par là, la confiance en soi : je n’ai pas peur du monde, j’ose l’affronter car je sais où me réfugier si besoin. (d’une fille de 20 ans)
  • Grande solidarité familiale : peu de maison de retraite car c’est aux enfants devenus grands de s’occuper de leurs parents ; peu de système de baby-sitting et de crèches, car c’est aux grands-parents de soutenir leurs enfants en gardant les petits-enfants si besoin.

—> Possibilité d’ingérence des grands-parents dans l’éducation des enfants. Cela nécessite une vraie réflexion et un dialogue sur la place de chacun.

  • La mère est souvent au front car plus présente dans la vie quotidienne pour l’éducation des enfants, mais elle a besoin de l’autorité du père. La parole de ce dernier ne se discute pas.  ( par une mère de famille )
  • Le mère est plus souvent dans une réaction immédiate et affective, tandis que l’homme parvient plus facilement à prendre du recul, à écouter puis trancher.  ( par le père de famille )

Albanie

  • Le père est celui qui doit travailler pour nourrir sa famille. Pourquoi est-ce davantage la place du père ? ( avons-nous demandé à un père de famille )  Mais parce qu’il a plus de force physique. C’est à lui de faire les travaux difficiles.
  • Le chômage rend difficile l’exercice de l’autorité car cela crée un déséquilibre au sein de la famille. ( cf point suivant sur l’Afrique )
  • Un bon père est d’abord un bon époux. Les décisions se prennent en couple même si aux yeux du monde, il appartient à l’homme de les assumer.
  • Le père accueille les hôtes.
  • Traditionnellement, ce sont les parents qui choisissent le futur époux/ la future épouse de leurs enfants. Ils souhaitent en effet le meilleur pour eux. Aujourd’hui, ces derniers ont le droit de s’y opposer !

Grèce

  • Le père doit être le roi de la famille : un bon roi, au sens où il doit prendre les bonnes décisions. Pourquoi lui plus que la femme ? Parce que la femme parle beaucoup et fait beaucoup de détours pour arriver au but, alors que l’homme écoute et va droit au but. (d’un homme grec en accord avec sa femme)

—> il est bien entendu que l’homme se sert aussi des réflexions de sa femme. (ajouté par une mère  française au Vietnam)

  •   Les mères « couvent » beaucoup leurs enfants, même lorsqu’ils ont 30 ans !

(d’une fille de 34 ans que la mère a appelé lorsque nous déjeunions ensemble pour savoir où elle était)

  • A la suite de la 2ème Guerre Mondiale, beaucoup de grecs ont quitté la Grèce pour rejoindre l’Allemagne et y travailler. Ils n’en ont pas pour autant perdu leur identité grecque, et notent une grande différence entre ces deux pays : lorsque les jeunes allemands commencent à travailler, s’ils habitent encore chez leurs parents, ils doivent participer aux frais de la maison. A contrario, les parents grecs auront toujours tendance à donner plus d’argent à leurs grands enfants !

Turquie

( lors d’une rencontre de jeunes entre 20 ans et 30 ans, un tour de table est réalisé où chacun a pu donner sa vision du père et un souvenir de son père ).

  • Nous y avons retrouvé l’idée de sécurité et d’exemple donnés par le père.
  • Le père trop autoritaire. Mais beaucoup ajoutaient : «  Même si je sais qu’il m’aime. »
  • Plusieurs jeunes voient en leur père un modèle de sacrifice envers leur famille.
  • Dans un certain nombre de familles musulmanes, le père est plus lointain dans l’éducation des enfants. C’est l’affaire de la mère. Quand il intervient, cela tombe comme « un cheveux sur la soupe ». ( française travaillant avec des personnes musulmanes et ayant été mariée à un homme musulman ).

Arménie

  • Peu de pères : 1 homme pour 4 femmes. Certains sont au front contre l’Azerbaïdjan et d’autres en Russie, au départ pour y travailler. Mais beaucoup y refont leur vie, leur femme et enfants restant en Arménie.
  • Dans la tradition, modèle très patriarcal. Les femmes ne doivent pas conduire ; elles demandent l’autorisation de leur mari pour toute activité extérieure à la maison. Elles devaient cependant être lettrées car devaient assumer l’éducation de leurs enfants. Aujourd’hui cela se perd. ( mère de famille )

Russie

  • La famille a été atomisée par le régime communiste : dès les années 20’, divorces, avortements, partages des femmes ; puis à cause des guerres successives, les peu d’hommes restés aux villages jouissaient d’un statut exagéré. Les femmes ont donc du prendre les choses en main, tant au niveau des enfants que du travail, ce qui donne aujourd’hui l’apparence d’un modèle matriarcal.
  • Le modèle père-mère-enfant retrouve petit à petit sa place souvent grâce à l’impact de la religion.
  • Grande détresse familiale dans les campagnes causée entre autre par l’alcoolisme.

Brunei 

  • Les rôles père/mère bien davantage marqués chez les familles musulmanes que dans les familles catholiques. Mais grande influence occidentale par le biais des médias sur les jeunes générations.
  • Avant l’ère du numérique, les parents étaient les premiers à apporter le savoir à leurs enfants. Aujourd’hui, internet semble remplacer les parents.
  • Le père semble inutile car il n’a plus rien à apprendre à ses enfants. Ces derniers trouvent tout sur internet.
  • La tâche des parents est beaucoup plus complexe car ils ne peuvent pas vérifier tout ce que leurs enfants découvrent par le biais des médias. Leur donner une bonne éducation est un vrai défi. ( Mgr Cornelius Sim, évêque du Brunei ) Cela demande une plus grande communication avec les enfants pour prévenir des méfaits d’internet ( mise en garde particulière par rapport à la pornographie ). Les parents doivent aussi contrôler le temps passé sur les écrans.

Vietnam 

Les premiers propos ont été recueilli dans un petit séminaire où une petite centaine de jeunes vivent dans le but de pouvoir passer à la fin de leurs études (4 ans) le concours pour entrer au séminaire.

  • Le père doit savoir pardonner et demander pardon à ses enfants et à sa femme.
  • Le père est celui qui tire vers le haut, qui donne de l’ambition à ses enfants.
  • Le père fait prier sa famille.
  • Le père doit d’abord être un bon mari.
  • Les parents doivent passer du temps auprès de leurs enfants, quitte à travailler moins.

Propos reçus lors d’un dîner avec un anthropologue dont la thèse porte sur les échanges non marchands dans une ethnie du nord Vietnam.

  • Au Vietnam se côtoient différentes ethnies, dont beaucoup à la base sont matrilinéaires. Les choses ne sont cependant pas figées et il est difficile d’écrire des généralités.

– L’ethnie majoritaire au Vietnam, celle des viets, a été influencée par le confucianisme. Dans le dogme confucéen, la femme reste mineure toute sa vie. Cela est très présent au Vietnam mais ce n’est pas figé car on voit que les femmes ont une place très présente : sur les décisions par rapport aux enfants, leur éducation. Ce sont également les femmes qui tiennent la bourse.

Le mari a le rôle d’être devant les autres gens quand il y a des invités, il a le rôle de rapporter l’argent à la maison. Quand il y a des réunions au village, c’est le chef du foyer qui vient représenter la famille. Politiquement, c’est lui qui vient.

Les choses ne sont pas sclérosées, ils sont très pragmatiques. Si un homme n’a que des filles, le mari de sa fille vient habiter chez lui, il peut prendre son nom, faire le culte des ancêtres pour lui ce qui n’est pas du tout dans la loi du confucianisme. D’autant plus que maintenant il y a le planning familial, donc les gens ne sont pas censé avoir plus de 2 enfants. A l’époque, chacun se débrouillait pour avoir un fils, maintenant, avec le planning, si le couple n’a que des filles, il s’arranges avec leur gendre.

Congo et Cameroun ( nous n’y avons pas été mais avons rencontré plusieurs africains ou personnes ayant vécues en Afrique )

  • Le père nourrit sa famille.
  • Il est le chef de la famille, c’est à lui de prendre les décisions. Mais lorsqu’il ne travaille pas et ne ramène plus d’argent à la maison, il perd sa légitimité.

Réflexions générales 

  • Sous l’influence occidentale, nombre de jeunes parents sont moins enclins à séparer clairement les rôles de chacun dans le couple et vis à vis de l’éducations des enfants. ( vu en Italie et au Brunei )
  • L’homme s’occupant des affaires extérieures et la femmes des affaires intérieures ( maison et éducation des enfants ) est un rapport que nous retrouvons dans la plupart des cultures et traditions, de l’Italie au Vietnam.
  • Alcoolisme, chômage et oisiveté des hommes vont souvent de pair avec des femmes et des enfants battus.

Et en Chine….  chez les Na… à venir !

Haji Sir Hassanal Bolkiah Muizzadin Waddaulah, sultan du Brunei

Une découverte étonnante.

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Je croyais que nous avions un jugement critique développé mais j’ai du me tromper. Pour preuve, j’en veux mon étonnement face à la monarchie du Brunéi.

Nous, français, avons été baignés dans cette culture de la République comme solution unique à la question politique. J’aurais même envie de dire que la République est, pour tout « bon » français, la solution la plus aboutie. Comme si toute nation dans son développement devait absolument devenir une République. Ainsi le sultanat du Brunéi paraît très loin de notre idéal, loin de notre pureté gouvernementale.

Me voici donc au milieu d’une conversation à propos du sultan fort étonné des doutes que j’émets face à l’admiration et au respect que les brunéiens lui portent. Voici le poids de l’éducation nationale, de son enseignement tant dans les écoles publiques que privées. Moi qui croyait avoir lutté depuis mes années de collège contre le moule de la « bonne pensée »…

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Notre hôte d’un soir, qui a ressorti spécialement pour nous son habit traditionnel.

Nous sommes venus au Brunéi pour découvrir si le sultan peut être comme, en France, la littérature du XVIII ème siècle le laisse à penser, un père pour ses « sujets ». Ici le doute n’existe pas. Cela se voit d’abord par une certaine préférence nationale et par la difficulté d’obtenir la nationalité.

Ainsi pour devenir brunéien, seul le droit du sang compte. Le mariage ou la naissance sur le sol brunéien pourra faire de vous un apatride (nous en avons vu le cas) mais pas un brunéien. Sur le sol de cet état, plus petit que la Corrèze, réside donc 418 000 habitants environ dont un peu plus de la moitié possède la nationalité.

Pourquoi s’arrêter comme cela sur l’importance de la nationalité ? C’est qu’ici en fonction, les avantages y seront différents. Tous les habitants jouissent de l’essence peu chère, de l’absence d’impôt direct comme nous les connaissons ; à l’exception d’une taxe d’environ 80 dollars brunéiens, à peu près 52 euros, pour une voiture comme la Toyota Vios. L’école publique est, d’après ce que nous avons compris, aussi gratuite pour tous. Mais voilà, le reste est bien différent.

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A Seria, une énorme raffinerie de pétrole a été développée par Shell. Là ont travaillé mgr Sim, le père Paul et le père Robert.

La santé est gratuite pour les brunéiens. Pour les autres, les parents dépensent 1000 dollars brunéiens par enfant pour avoir accès gratuitement à tout acte médical jusqu’à l’âge de 12 ans. Les frais d’hospitalisation resteront à la charge de la famille. Ensuite l’enfant de 15 ans et plus paie les frais comme un adulte. Mais cela est compliqué, en fonction des assurances par exemple.

Il y a certes une préférence nationale mais aussi une certaine intelligence de la part du sultan. Le roi privilégie largement ses sujets, mais reste accueillant aux étrangers.

Là où mon étonnement fut complet c’est lors d’une soirée passée dans une famille catholique. Alors que dans les différentes familles musulmanes rencontrées, la courte discussion sur le sultan a tourné autour de la gratuité de l’école et de la santé, ici au contraire chacun avait une anecdote à nous raconter.

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Photo du sultan et de sa première épouse.

En arrivant dans la maison, le père de famille nous apprend ainsi que le sultan a offert le terrain pour la construction de la maison et que le reste a été payé par lui. Puis, nous découvrons que le sultan n’est pas l’homme lointain que nous imaginions parce que dans toutes les entreprises, du restaurant à l’entreprise Shell en passant par le coiffeur et le garagiste sa photo doit se trouver accrocher au mur.

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et chez une famille musulmane

Au contraire, il connait assez bien son peuple, il essaie d’en être le plus proche possible, et n’hésite pas à se « mouiller ». Ainsi chaque mois de juillet, à l’occasion de son anniversaire, le palais est ouvert à tous pendant 3 jours et le monarque reste présent et accepte volontiers les photos avec ses sujets. Il en est de même dans tous ses déplacements. Les selfies, qui font un ravage dans ce pays très occidentalisé, peuvent être prises au côté du sultan.

Jusque là, nos présidents aiment également se livrer à se genre d’exercice. Mais sont-ils aussi humble que cet homme ?

Il y a quelques années, un homme de son escorte a chuté de sa moto. C’est lui qui est descendu pour faire la circulation routière. Il a fait ensuite emporter cet homme par hélicoptère jusqu’à Singapour pour le soigner, sans succès malheureusement.

Un jour, il a été pris en stop par un vieillard dans une vieille voiture. L’homme, qui était un étranger, ne l’a pas reconnu et ils ont discuté comme si de rien n’était. A la fin, le sultan lui laissa de l’argent afin qu’il puisse se racheter une nouvelle voiture. Le sultan possède environ 2000 voitures. Bien loin d’en être choqué, voici une autre anecdote amusante. Un jour, il était sur l’autoroute pour tester sa voiture de sport. Dans son rétroviseur, un homme voit débouler le bolide et commence à essayer de l’empêcher de passer. Cette course poursuite a durée jusqu’à la capitale, où l’homme s’est vu félicité par le sultan parce que ce dernier n’avait pas réussit à le dépasser.

Il arrive aussi que le sultan décide de visiter la maison de ces sujets. C’est ainsi qu’il se rend compte de leur niveau de vie, de l’état de leur habitation. A la suite de quoi, il a fait construire plus de 6000 maisons (je vous parle des lotissements que nous avons vu). Les gens possède donc une maison neuve et il rembourse le sultan selon leur possibilité. Mais ainsi le peuple est logé. Nous avons été avec le père Robert dans l’une des ces maisons un dimanche, pour la bénir. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir ce prêt à taux zéro, la taille de la maison et plus encore le fait que sur une maison de 147 000 dollards brunéiens, le sultan en paie 100 000. Les 2/3 de la maison sont payés par le sultan et cela dans la plus grande discrétion : aucun tambour, pas d’annonces officielles sur la magnanimité du sultan. Nous étions tellement abasourdi que nous avons fait confirmé la chose par plusieurs personnes les unes après les autres.

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Lors de la bénédiction d’une maison, construite au sein d’un des lotissements. ( à gauche, la rigole pour les fortes pluies. Il y en a le long de toutes les routes ).

Le meilleur exemple est pour la fin. Un jour qu’il visitait une faculté, il décida de ne pas suivre le trajet prévu mais de se rendre dans tous les bâtiments, sans exception. Les dirigeants avaient voulu cacher qu’un certain nombre d’étudiants dormaient par terre. Mais durant la visite le sultan s’est retrouvé nez à nez avec un jeune dormant à terre. Dans les jours qui ont suivis, il y avait des lits pour tout le monde.

Que dire de cet homme, sinon qu’il est un père pour ces sujets ?Alors certes, la charia est appliquée maintenant depuis quelques mois mais pour sa défense, tous s’accordent à dire que c’est la décision de son premier ministre -son fils-, trop influençable. Je ne veux pas absolument le défendre mais en tant que chef d’un état à majorité musulmane, une telle décision peut se comprendre. ( Les conséquences seront développées dans un autre article. )Je pense que l’on peut le considérer comme père au sens où il prend soin de ses sujets ; il veille aux besoins premiers de ceux-ci, les protège et leur offre une vision du monde.

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La regalia royale. Tout le musée est à la gloire du sultan.

Je tiens cependant à la fin de cet article à préciser tout de même que comme toute royauté absolue, le bal des ministres n’est pas forcément très rationnel. Une phrase déplacée, une attitude qui ne plaît pas et une heure plus tard le ministre a changé. Ce problème nous a notamment été soulevé par l’évêque a qui cela pose des problèmes. En effet, les catholiques sont comme beaucoup d’autres sujets du sultan : plus ils sont haut placés, plus ils ont peur de perdre leur place et évite donc de montrer leur désaccord en défendant l’Eglise.

En quittant la Russie

 

Nous voilà entrain d’attendre patiemment notre avion pour Kota Kinabalu sur l’île de Bornéo.

Cette fois-ci, ce fut moins simple pour notre vélo : pour entrer dans l’aéroport, nous avons dû attendre le chien, pour qu’il vienne renifler notre vélo car ce dernier ne passait pas dans le scanner ! Et il a fallu enlever les roues car, contrairement à ce que nous pensions, notre vélo fait… 37 kg, soit 5 kg de trop d’un point de vue réglementaire : le poids d’un bagage ne pouvant à lui seul excéder 32 kg.

Ainsi, nous quittons la Fédération Russe. Après un séjour de trois semaines, voici un bref compte-rendu de nos observations :

  • Des règles étranges telle que interdiction de s’asseoir par terre dans un aéroport.
  • A chaque gare, métro, centre commerciale nous trouvons des portiques de sécurité.
  • Les agents de sécurité des résidences contrôlent beaucoup les aller et venues.

–> Bref : un pays où toute action doit être justifiée devant la loi.

  • Un constat général : le père est le grand absent. Il est davantage présent dans les familles musulmanes et les familles orthodoxes pratiquantes.
  • Beaucoup d’hommes vont de femmes en femmes ou quittent de leur famille à cause de l’alcool.
  • La maladie russe est l’alcoolisme : à cause du froid et du manque de travail.

–> Bref : nous sommes dans une ex-société patriarcale, où vivent des générations où les enfants ne sont élevés que par leur mère et leur  » babouchka « . Ceci engendre beaucoup de jeunes insécures, craignant de poser des choix et de s’engager dans la vie.

Les traces du communisme se retrouvent dans :

  • Les appartements communaux : 2 / 3 familles habitent ensemble, partageant les mêmes lieux de vie.
  • La gratuité du téléphone pour un appel dans Moscou.
  • Le prix du pain  » classique  » reste fixe.
  • Un dicton qui demeure dans les esprit : « A l’époque soviétique, l’état faisait semblant de nous payer et nous faisions semblant de travailler. « 
  • Les nombreuses statues et monuments staliniens.
  • Dans la décoration des stations de métro ( portrait de Lénine …) Celles-ci ont été construites par des femmes pendant la guerre. Les hommes étaient au front et les stations de métro servaient de refuge en cas d’attaque aérienne.

–> Bref, beaucoup sont nostalgiques du communisme car au moins alors, on avait un logement et un travail. Mais la grande différence entre cette période et aujourd’hui : on ne vit plus dans la peur.

Pour les photos, nous les mettons sur la galerie.

 

La place du père au Congo

Le père Janusz, prêtre à Thessalonique, a vécu 23 ans au Congo. Voici un extrait intéressant de notre discussion sur la place du père au Congo.

Avant notre question, le père nous a dit que le premier rôle du père était de nourrir sa famille. Il nous explique qu’il a constaté une grande différence entre la vie en ville et à la campagne. Si matériellement la vie au village est plus difficile ( pas d’eau courante, pas toujours l’électricité… ), d’un point de vue psychologique, les familles se portent mieux. Selon lui, une des raisons est l’absence de travail en ville qui empêche les hommes de jouer leur rôle.

« –  Quand l’homme est déboussolé, ne travaille plus, la société serait-elle plus violente ?

Je ne sais pas. Peut être. Si le père joue son rôle, il assume la famille. Quand il n’y arrive plus, les gens se sentent un peu déboussolés et beaucoup de règles s’envolent. N’existent plus. Parce qu’il n’y a plus de références, quelque chose qui donne la direction à la société. Les points de références qui étaient là disparaissent. Chacun commence à faire ce qu’il veut. En Afrique il y avait le conseil de sages. Quand les hommes n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur quelque chose d’important pour la société, pour la vie, qu’est-ce que les femmes faisaient ? elles se déshabillaient pour rappeler aux hommes « Puisque vous n’arrivez pas à faire ce que vous devez, alors il n’y a pas ces règles selon lesquelles on doit s’habiller. Alors nous faisons ce que nous voulons nous aussi ! » Et les hommes, tout de suite se mettaient à trouver une solution. Ainsi, elles leur rappelaient : «  Faites votre travail ! »

Et c’est aussi le cas à l’intérieur de la famille. Les enfants aussi se sentent un peu plus en sécurité s’ils voient les personnes et les choses à leur place. Traditionnellement c’était comme ça alors c’est comme ça. Si l’homme, qui doit pourvoir à la survie de la famille, ne peut pas le faire, alors il perd autorité auprès des enfants, des siens. On ne le considère plus comme responsable, comme celui qui dit tenir cette famille-là. Alors les problèmes peuvent commencer parce que chacun va de son côté. « 

Réflexion sur le père dans la foi et le père de famille

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Le père Matthieu Bobin, avec l’église Ste Agnès en arrière plan.

Quelques petites réflexions, offertes par le père Matthieu Bobin, prêtre du diocèse de Cambrai.

Nous l’avons rencontré à Rome et il nous a permis de vous faire partager ces propos, en voici des extraits.

Vous pourrez voir tout au long de ces petits passages audio le lien entre le père dans la foi et le père de famille.

  • Le père donne la vie

 

  • Le père donne la direction

 

  • Image sur le baptême. Nous sommes heureux de vous faire partager cette superbe image sur ce qu’est le baptême.

 

  • Le père dit la Vérité.