Haji Sir Hassanal Bolkiah Muizzadin Waddaulah, sultan du Brunei

Une découverte étonnante.

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Je croyais que nous avions un jugement critique développé mais j’ai du me tromper. Pour preuve, j’en veux mon étonnement face à la monarchie du Brunéi.

Nous, français, avons été baignés dans cette culture de la République comme solution unique à la question politique. J’aurais même envie de dire que la République est, pour tout « bon » français, la solution la plus aboutie. Comme si toute nation dans son développement devait absolument devenir une République. Ainsi le sultanat du Brunéi paraît très loin de notre idéal, loin de notre pureté gouvernementale.

Me voici donc au milieu d’une conversation à propos du sultan fort étonné des doutes que j’émets face à l’admiration et au respect que les brunéiens lui portent. Voici le poids de l’éducation nationale, de son enseignement tant dans les écoles publiques que privées. Moi qui croyait avoir lutté depuis mes années de collège contre le moule de la « bonne pensée »…

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Notre hôte d’un soir, qui a ressorti spécialement pour nous son habit traditionnel.

Nous sommes venus au Brunéi pour découvrir si le sultan peut être comme, en France, la littérature du XVIII ème siècle le laisse à penser, un père pour ses « sujets ». Ici le doute n’existe pas. Cela se voit d’abord par une certaine préférence nationale et par la difficulté d’obtenir la nationalité.

Ainsi pour devenir brunéien, seul le droit du sang compte. Le mariage ou la naissance sur le sol brunéien pourra faire de vous un apatride (nous en avons vu le cas) mais pas un brunéien. Sur le sol de cet état, plus petit que la Corrèze, réside donc 418 000 habitants environ dont un peu plus de la moitié possède la nationalité.

Pourquoi s’arrêter comme cela sur l’importance de la nationalité ? C’est qu’ici en fonction, les avantages y seront différents. Tous les habitants jouissent de l’essence peu chère, de l’absence d’impôt direct comme nous les connaissons ; à l’exception d’une taxe d’environ 80 dollars brunéiens, à peu près 52 euros, pour une voiture comme la Toyota Vios. L’école publique est, d’après ce que nous avons compris, aussi gratuite pour tous. Mais voilà, le reste est bien différent.

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A Seria, une énorme raffinerie de pétrole a été développée par Shell. Là ont travaillé mgr Sim, le père Paul et le père Robert.

La santé est gratuite pour les brunéiens. Pour les autres, les parents dépensent 1000 dollars brunéiens par enfant pour avoir accès gratuitement à tout acte médical jusqu’à l’âge de 12 ans. Les frais d’hospitalisation resteront à la charge de la famille. Ensuite l’enfant de 15 ans et plus paie les frais comme un adulte. Mais cela est compliqué, en fonction des assurances par exemple.

Il y a certes une préférence nationale mais aussi une certaine intelligence de la part du sultan. Le roi privilégie largement ses sujets, mais reste accueillant aux étrangers.

Là où mon étonnement fut complet c’est lors d’une soirée passée dans une famille catholique. Alors que dans les différentes familles musulmanes rencontrées, la courte discussion sur le sultan a tourné autour de la gratuité de l’école et de la santé, ici au contraire chacun avait une anecdote à nous raconter.

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Photo du sultan et de sa première épouse.

En arrivant dans la maison, le père de famille nous apprend ainsi que le sultan a offert le terrain pour la construction de la maison et que le reste a été payé par lui. Puis, nous découvrons que le sultan n’est pas l’homme lointain que nous imaginions parce que dans toutes les entreprises, du restaurant à l’entreprise Shell en passant par le coiffeur et le garagiste sa photo doit se trouver accrocher au mur.

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et chez une famille musulmane

Au contraire, il connait assez bien son peuple, il essaie d’en être le plus proche possible, et n’hésite pas à se « mouiller ». Ainsi chaque mois de juillet, à l’occasion de son anniversaire, le palais est ouvert à tous pendant 3 jours et le monarque reste présent et accepte volontiers les photos avec ses sujets. Il en est de même dans tous ses déplacements. Les selfies, qui font un ravage dans ce pays très occidentalisé, peuvent être prises au côté du sultan.

Jusque là, nos présidents aiment également se livrer à se genre d’exercice. Mais sont-ils aussi humble que cet homme ?

Il y a quelques années, un homme de son escorte a chuté de sa moto. C’est lui qui est descendu pour faire la circulation routière. Il a fait ensuite emporter cet homme par hélicoptère jusqu’à Singapour pour le soigner, sans succès malheureusement.

Un jour, il a été pris en stop par un vieillard dans une vieille voiture. L’homme, qui était un étranger, ne l’a pas reconnu et ils ont discuté comme si de rien n’était. A la fin, le sultan lui laissa de l’argent afin qu’il puisse se racheter une nouvelle voiture. Le sultan possède environ 2000 voitures. Bien loin d’en être choqué, voici une autre anecdote amusante. Un jour, il était sur l’autoroute pour tester sa voiture de sport. Dans son rétroviseur, un homme voit débouler le bolide et commence à essayer de l’empêcher de passer. Cette course poursuite a durée jusqu’à la capitale, où l’homme s’est vu félicité par le sultan parce que ce dernier n’avait pas réussit à le dépasser.

Il arrive aussi que le sultan décide de visiter la maison de ces sujets. C’est ainsi qu’il se rend compte de leur niveau de vie, de l’état de leur habitation. A la suite de quoi, il a fait construire plus de 6000 maisons (je vous parle des lotissements que nous avons vu). Les gens possède donc une maison neuve et il rembourse le sultan selon leur possibilité. Mais ainsi le peuple est logé. Nous avons été avec le père Robert dans l’une des ces maisons un dimanche, pour la bénir. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir ce prêt à taux zéro, la taille de la maison et plus encore le fait que sur une maison de 147 000 dollards brunéiens, le sultan en paie 100 000. Les 2/3 de la maison sont payés par le sultan et cela dans la plus grande discrétion : aucun tambour, pas d’annonces officielles sur la magnanimité du sultan. Nous étions tellement abasourdi que nous avons fait confirmé la chose par plusieurs personnes les unes après les autres.

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Lors de la bénédiction d’une maison, construite au sein d’un des lotissements. ( à gauche, la rigole pour les fortes pluies. Il y en a le long de toutes les routes ).

Le meilleur exemple est pour la fin. Un jour qu’il visitait une faculté, il décida de ne pas suivre le trajet prévu mais de se rendre dans tous les bâtiments, sans exception. Les dirigeants avaient voulu cacher qu’un certain nombre d’étudiants dormaient par terre. Mais durant la visite le sultan s’est retrouvé nez à nez avec un jeune dormant à terre. Dans les jours qui ont suivis, il y avait des lits pour tout le monde.

Que dire de cet homme, sinon qu’il est un père pour ces sujets ?Alors certes, la charia est appliquée maintenant depuis quelques mois mais pour sa défense, tous s’accordent à dire que c’est la décision de son premier ministre -son fils-, trop influençable. Je ne veux pas absolument le défendre mais en tant que chef d’un état à majorité musulmane, une telle décision peut se comprendre. ( Les conséquences seront développées dans un autre article. )Je pense que l’on peut le considérer comme père au sens où il prend soin de ses sujets ; il veille aux besoins premiers de ceux-ci, les protège et leur offre une vision du monde.

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La regalia royale. Tout le musée est à la gloire du sultan.

Je tiens cependant à la fin de cet article à préciser tout de même que comme toute royauté absolue, le bal des ministres n’est pas forcément très rationnel. Une phrase déplacée, une attitude qui ne plaît pas et une heure plus tard le ministre a changé. Ce problème nous a notamment été soulevé par l’évêque a qui cela pose des problèmes. En effet, les catholiques sont comme beaucoup d’autres sujets du sultan : plus ils sont haut placés, plus ils ont peur de perdre leur place et évite donc de montrer leur désaccord en défendant l’Eglise.

Une série d’étonnements

Nous sommes à Bandar ( = ville) Seri Bagawan, la capitale du Brunéi. Nous avons logé chez une très chouette famille philippine. En effet pour 200 000 brunéis il y a 300 000 étrangers. Parmi ceux-ci certains sont là depuis toujours parce que la nationalité s’obtient par la sang et le droit du sol ne joue pas.

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avec notre traditionnel jeu de cartes

Comment les avons-nous rencontrés ? samedi soir nous attendions devant l’église dans l’espoir de croiser un prêtre ou l’évêque. Eux venez chercher leur enfants dans l’école Saint Georges à côté. Je fais essayer le vélo à JC file:///Users/benoitpoidevin/Downloads/video.php.html

Pendant ce temps Alix discute avec Christian. 10 minutes plus tard nous voilà partis pour les suivre chez eux.

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Jed essaie le vélo.

  • 1ère surprise : le samedi les enfants vont à l’école. Evidemment comme le vendredi est un jour chômé pour se rendre à la Mosquée, on rattrape le samedi. Du coup, cela donne un weekend bizarre, vendredi et dimanche libres et le samedi travaillé.

  • 2ème surprise : un aller-retour en Malaisie. L’alcool n’est pas en vente dans l’état. Donc un certain nombre de personnes filent à la frontière le samedi soir pour boire et faire la fête. Puis, ils rapportent le peu d’alcool autorisé (2 bouteilles par personne ou 12 canettes de bières). Sachant qu’ils n’auront pas le droit de rapporter d’autres bouteilles avant 45 h. Nos hôtes philippins nous ont emmenés samedi soir. Au début nous pensions que c’était pour nous, nous faire découvrir mais après nous avons compris qu’ils y allaient chaque semaine voire 2 fois par semaine !!

ATTENTION : la frontière ferme à 22h. Il faut donc s’organiser un minimum. A partir de 9h30 les bars et restaurants commencent à fermer !

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à Kuala Lura, en Malaisie.

  • 3ème surprise : la pluie. Nous avons eu de la pluie quasiment tous les soirs depuis notre arrivée. Une bonne pluie d’orage. Ainsi cette nuit, nous avons vécu le plus gros orage de notre vie.
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En partant de Malaisie samedi soir dernier.

  • 4ème surprise : L’accueil. Nous sommes très touchés par l’accueil que nous recevons. Lorsque nous sortons de la messe dimanche dernier, nous sommes apostrophés par 3 jeune-filles qui viennent s’enquérir de qui nous sommes, ce que nous faisons… le lendemain, ce sera un monsieur indien. Nous sommes également très bien accueillis pour le soir, tant par des familles musulmanes que chrétiennes. Chaque fois, nous pouvons parler librement. 

  • 5ème surprise : L’art culinaire. Bon, il y a le riz, mais ça ne n’est pas une surprise. Mais nous avons découvert aussi que l’on pouvait manger la tête du saumon. JC a même mangé l’oeil… nous n’avons pas tenté ! Il paraît qu’aux Philippines, l’on mange aussi les tarentules, les cafards, les scorpions et les lombrics. Un voyage aux Philippines ? … ce sera pour plus tard …
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Bon appétit bien sûr !

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Un peu gluant mais appétissant… ou pas !

  • 6ème surprise : Pour les locaux, beaucoup de choses sont gratuites ( écoles, santé ) et il n’y a pas de taxes. Ainsi, beaucoup ont : 1 grande maison et 7 voitures ! Et le savez-vous ? L’essence est moins cher que l’eau ! 1 L = 30 centimes d’€…

En Malaisie

Mercredi dernier, après 12 h passés dans l’avion et 2 escales : une au Quatar puis une à Kuala Lumpur, nous retrouvons notre cher tandem… un peu malmené pendant le voyage. En plus il arrive avec nos sacoches et les 2 roues 2 h après nous !

Un bout de Bornéo, entre Kota Kinabalu et le Brunei

Un bout de Bornéo, entre Kota Kinabalu et le Brunei

Encore 2 h après, le temps de remonter le vélo et de redresser le garde-boue avant, nous prenons la route, sous une pluie battante, pour rejoindre la cathédrale de Sacré-Coeur de Jésus. Nous sommes accueillis par des prêtres qui nous montre un open-space ( au sens strict du terme ) en haut de leur habitation. Nous passerons 2 nuits dans cet endroit, récupérant tant bien que mal les 7 h de décalage horaire.

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Difficile de faire sécher ses affaires lorsque l’air est aussi humide. Tout pu un peu … 😦

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Un petit coin de paradis !

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La cathédrale du Sacré-Coeur

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Le lendemain, nous nous promenons dans Kota Kinabalu, alias KK. La ville n’a pas un grand intérêt touristique. A l’office du tourisme, nous apprenons que la route que nous voulions prendre pour rejoindre le Brunei est inondée. A moins d’attendre 3 / 4 jours, il faut prendre le ferry. C’est ce que nous décidons de faire le lendemain matin. Après une baignade dans la mer de Chine, nous rentrons pour l’heure sainte qui a lieu tous les jeudis soirs à la cathédrale. Quelle n’est pas notre surprise de voir environ 250 personnes présentes pour adorer Jésus ! Le père nous dira ensuite qu’il y a toujours autant de monde…

Après cela, nous attendons les pères Mitchell et Jeffri qui nous emmènent dîner en centre-ville. Et là, nouvelle surprise : voici un autre open-space, entouré de « restaurateurs ambulants », et au milieu, des tas de tables pour dîner. Il faut donc passer choisir, de restaurateur en restaurateur, les plats que nous souhaitons manger. Exercice difficile quand on ne connaît pas la nourriture du pays. Enfin, il faut se lancer, et accepter de tenter les brochettes même si on ne sait pas ce qu’il y a dedans !!! Soirée très sympathique.

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de gauche à droite : le père Mitchelli et le père Jeffri

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Nous apprenons ainsi au cours de la discussion qu’avant que le christianisme n’arrive au XVIIIè siècle, la coutume voulait que plus un homme avait de femmes, plus il était considéré comme un roi ! Cette tradition existe encore dans certaines parties de l’île pas encore évangélisées. A Sabah, la région où nous sommes, au nord de l’île, il y a plus de 32 nationalités différentes. On y parle essentiellement l’anglais, la malais et le chinois. Sur 1 300 000 habitants, il y a un peu plus de 200 000 catholiques. Les pères semblent assez présents. Même si aujourd’hui il y a pas mal de divorces. Entre autre à cause du fait de mariages jeunes ou alors à cause d’un problème financier. Les prêtres voient une vraie différence sur la famille lorsque le père est absent ou n’est pas bon éducateur.

Nous rentrons et nous couchons rapidement car demain, debout pour la messe de 6 h. Nous sommes curieux de voir combien de paroissiens y viennent. Cela nous paraît si tôt…

Pourtant, lorsque que nous poussons la porte de la chapelle ce vendredi, fiers d’être là 4 min en avance, nous voilà dans une chapelle pleine, et peinons à trouver deux places à côté… il y a bien 160 personnes. Quelle belle leçon pour nous chers français qui traînons la patte pour aller à la messe, qui plus est en semaine… Oui, cela nous invite vraiment à mettre l’Eucharistie au coeur de notre vie, chaque jour. La messe est belle, très recueillie. Nous sommes entre autre touchés par ce recueillement au moment de la communion.

Après la messe, nous prenons notre vélo et rejoignons le ferry pour un départ à 8 h direction le Brunei. La suite au prochain épisode !