Quelques photos sur notre séjour chez les Na

Voici quelques photos de notre séjour chez les Na. N’oubliez pas de lire ou de visionner la vidéo dans l’autre article.

Petit détail : les croix gammées sont dues à la religion bouddhiste tibétaine des Na.

Gema, la montagne sacrée.

Gema, la montagne sacrée.

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Ici pendant les vacances du Nouvel An (une semaine), le lac est envahi de touristes chinois. C’est pire que la côte d’Azur.

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Dans les bols : du soulima, un alcool local pas très fort. Au fond, l’ancienne matriarche et le PERE d’une des filles de la maison.

Il faut briser le mythe, ce monsieur vient régulièrement chez sa compagne. Il est connu de tous comme le père de l’une des filles. Nous l’avons vu jouer au basket avec sa fille et il va même conduire les bêtes dans la journée avec elle.

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Le feu des femmes, un des autels de la maison. Et une petite table, récemment achetée par la famille pour faire dîner les invités.

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Toutes les maisons sont faites à l’identique : autour d’une cour carré.

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En face de l’entrée de la cour, l’entrée du foyer(cf photos au dessus)

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A l’opposé du foyer, les chambres.

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Au 1er, la salle de prière.( coté gauche en arrivant dans la cour)

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La salle de prière à gauche et le foyer à droite. Vue depuis l’étage des chambres.

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Tout est fait en bois ici.

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Les chambres, en face du bâtiment principal.

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Depuis quatre mois, ce village a l’électricité.

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La porte du village avec des drapeaux de fête boudhistes.

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Les gens sont aussi rouges que la terre.

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Comme dans Tintin au Tibet, il faut passer à gauche.

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Nous avons eu la chance de pouvoir participer à la fête du Nouvel an avec eux.

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Emilie grâce à qui nous sommes arrivés là.

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La tenue traditionnelle d’Erchema. Avez vous vu le docu ?

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Il faut se faire belle pour aller au bal.

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sur le retour.

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Emilie, merci.

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Les Na de Chine, une société sans père ni mari

Voici un petit article sur la société des Na.

Vous avez le choix :

  • la version vidéo : entretien avec Emilie Porry réalisatrice du reportage : Erchema par delà les montagnes, diffusé sur France 5 le 1er mars. Toujours visible ICI.

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    Au loin, Emilie. En quête d’un nouveau reportage ?

  • et/ou l’article qui suit.

Les Na de Chine, une société sans père ni mari ?

Au fin fond du Yunnan et du Sichuan gît un reste de paradis perdu. Pour le trouvez, suivez les routes calamiteuses et interminables qui tournent dans la montagne. Au bout de quelques 7h de bus, vous apercevrez une grande étendue bleue qui vous invite à la contemplation. DSCN8260Descendez et venez découvrir, aux abords du lac Lugu, l’existence d’un peuple dénué de tout sentiments de violence, un peuple paisible comme il n’en existe nul part ailleurs.

Il y a bien longtemps, raconte la légende, une femme, Gema, gardait ses cochons. Soudain, elle vit la vallée et ses villages être engloutis par les flots. Elle eut alors l’idée de se mettre dans une des auges de ses cochons et survécue. Plus tard, elle donna naissance aux Na, appelés par le gouvernement chinois Mosuo ou Moso. De cette légende ne demeure que la montagne sacrée Gema, au pied duquel vit à 2700 m d’altitude cette ethnie intrigante.

Gema, la montagne sacrée.

Gema, la montagne sacrée.

 

Vous étant documentés, vous savez qu’ici se trouve la dernière société où les femmes sont chefs de famille de mères en filles. Il n’y a ni mariage, ni jalousie. Les femmes reçoivent, selon leur bon vouloir, durant la nuit les hommes qui auront escaladé le balcon jusqu’à leur chambre. DSCN8322

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A gauche, Erchema, héroïne du reportage.

Comme touriste, vous êtes ici dans un lieu de rêve : attirés par le rouge, tant celui de la terre que celui du visage des femmes qui vous tendent les bras et vous invitent à la découverte.

Comme anthropologue, vous vous trouvez face à la seule société matriarcale du monde. Non seulement le nom et la terre se transmettent par les femmes, mais en plus il paraît, selon les études, que ce soient les femmes, plus exactement la matriarche ou chef de famille, qui prennent les décisions. Dans cet endroit, les hommes ne feraient que peu de choses, le père serait inconnu des enfants, voir de la mère. Le mot même de père n’existerait pas dans leur langue. Et alors que dans d’autres sociétés matrilinéaires les oncles maternels occupent la fonction paternelle, ici, ce ne serait pas ainsi.

Quel trésor pour le chercheur, quel délice pour le touriste.

Pourtant, en descendant de l’autocar, il se peut que vous soyez désappointés car vous verrez très vite l’exagération de ces dires justifiant que le lac soit devenu un véritable musée vivant pour les touristes chinois. Vous verrez un peuple qui essaye de prendre en marche le train de la modernité et qui s’enrichit en acceptant d’être acteur d’un faux semblant décrivant leur mode de vie et qui ne s’aperçoit pas que même le peu de vrai sur lequel est bâti le mythe tant à disparaître aujourd’hui.

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Soit disante danse traditionnelle

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Costume traditionnel « moderne »

Le chercheur quitte alors les bords du lac pourtant si beau pour s’enfoncer dans la montagne à la découverte d’un village préservé.

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La « route » pour se rendre au village.

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Il faut traverser plusieurs vallées comme celle-ci pour atteindre le village.

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La route pour les 30 derniers kilomètres. Nous avons eu de la chance, ici l’été la rivière recouvre tout.

Et là encore la déception est au rendez-vous. La vie de famille s’organise bien autour de la matriarche. C’est elle qui décide de la répartition des tâches pour les travaux des champs et domestiques. Il est vrai qu’il n’existe pas de mariage au sens propre du terme puisque l’homme quitte la maison de sa soeur chaque soir pour se rendre dans la chambre de sa compagne. Ce procédé porte le nom de « mariage ambulant ». Mais cela n’enlève pas le fait que les Na sont fidèles en amour. Ils ne vivent simplement pas au quotidien avec leur compagnon. D’autre part, le mot père existe ! Certes ce n’est pas lui le premier éducateur des enfants. Ceci appartient aux oncles maternels qui prennent cette tâche très au sérieux. Mais les enfants le connaissent puisqu’il lui revient, par exemple, de payer les frais de scolarité ou encore, à la Nouvelle Année lunaire, de leur offrir des cadeaux.

DSCN8625 DSCN8627Si ce sont les femmes qui travaillent aux champs, car traditionnellement elles sont jugées plus fortes que les hommes, ce sont ces derniers qui bâtissent les maisons et assurent leur entretien. Ce sont aussi eux qui prennent les décisions importantes, tels l’achat d’une vache ou la construction d’un nouveau bâtiment. Et chose encore plus étrange, dans la cuisine des Na, il y a deux foyers. L’un au niveau du sol et l’autre surélevé. Le premier sera réservé aux femmes, et le second, sera toujours allumé pour les invités et… les hommes de la maison. Ceux-ci ne cuisinent jamais et se font servir par leurs soeurs ou leurs nièces.

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Le feu des invités et des hommes à droite.

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Le feu des femmes, ici l’ancienne matriarche avec le père d’une des filles.

Telle est la vie des Na, bien loin de ce que vous en attendiez. En descendant du car, vous cherchiez un lieu qui abatte vos stéréotypes, sur la répartition des rôles homme-femme. Vous espériez un lieu où de pères il n’y aurait point, et où même l’oncle n’occuperait pas cette place, les femmes n’ayant pas besoin des hommes. Or vous aurez découvert un peuple où la place de chacun est bien définie. Certes, certains rôles changent puisque c’est par exemple à l’homme de s’occuper de l’éducation des enfants. Mais d’autres demeurent, comme la femme maitresse de maison. Et cela interroge : oui la femme est considérée comme plus forte que l’homme. C’est entre autre pour cela que les travaux des champs sont son domaine. Mais alors, pourquoi les grandes décisions appartiennent-elles aux hommes ? Et pourquoi, là aussi, l’homme dîne-t-il à la place d’honneur ?