Début des témoignages

Un an après notre retour nous commençons à parler de notre expérience. « Il vous a fallu beaucoup de temps me direz-vous ».

En effet ! Le Seigneur a guidé nos pas jusqu’à Blois où très vite nous nous sommes remis au travail : Alix comme institutrice et Benoit comme responsable des élèves de 6ème à Sainte Marie. Au début nous ne parlions pas de notre voyage parce que nous étions fatigués de raconter toujours les mêmes choses aux gens. Nous avons rangés nos affaires, vendu notre tandem tout en attendant notre premier né : Sixte, qui est arrivé en février.

Ce qui fait que nous avons été bien occupés. Mais en Avril, nous nous sommes replongés dans nos photos, nos carnets de notes, et nous avons même ressorti notre matériel de vélo pour d’autres engins tout aussi amusants :

Depuis nous sommes intervenus au collège-lycée de saint Bonnet de Galaure sur deux jours. 10 témoignages différents, depuis les 6ème (11 ans) jusqu’aux terminales (17 ans), et à la communauté du foyer de Charité sur place également.

Ce fut une belle expérience, dont la joie fut apparement réciproque.

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Ici avec une classe de 5ème.

Il y a quelques jours Benoît s’est également remis à son travail en proposant deux petites interventions à Blois : l’une sur « les origines philosophiques de la crise de la paternité », l’autre comme une réponse, « un portrait du père », fortement inspirée de notre voyage.

A bientôt pour d’autres nouvelles. N’hésitez pas à nous solliciter pour témoigner  !

 

Belgique-France

Arrivée en Belgique

Arrivée en Belgique.

Mercredi dernier nous avons passé la frontière belge en direction d’Antwerpen, alias Anvers. Nous avons été reçu par les parents du père Karlo. Le soir, le père Karlo (directeur de Radio Maria) est venu dîner avec nous.

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Les parents du père Karlo à gauche et le père sur le tandem.

Jeudi 28 mai

Aujourd’hui notre destination est Leuwen ou Louvain pour un live de 15 min vers 18h. DSCN0478

Nous nous sommes perdus sur la fin, donc nous sommes arrivés vers 18h10. Heureusement, ils ont réussi à inverser des programmes pour faire un live, tout essoufflé. Puis nous avons bu un verre avec toute l’équipe grâce à laquelle nous avons été sur les ondes pendant 9 mois, voir 10 puisque ce n’est pas fini.

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Lut et Jos Decock( qui nous appelé chaque semaine), le père Karlo, sa maman.

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Lut (la femme de Jos) essaie le tandem.

Lut (la femme de Jos) essaie le tandem.

Ce soir nous dormirons chez Jos et Lut. Après 9 mois durant lesquels nous l’avons vu par skype, nous voilà reçu chez lui, chez eux. 

Vendredi 29 mai.

Aujourd’hui  » la grande interview ».

1h30 ! ! ! ! de questions. Pour éviter l’indigestion et laisser à Radio Maria la récompense d’un an de travail, cette interview, résumé de notre voyage, sera publiée par morceau de 15 minutes, entièrement en français, sur le blog, chaque semaine durant 6 semaines !

Merci à Jos pour son travail ! 

Samedi 30 mai.

départ vers la France. Nous avons été reçu par le Père Bryan à Bois d’Haine (toujours en Belgique, près de Mons) La messe du samedi soir fut au cours d’un pèlerinage à Notre Dame de la route au cours duquel « voiture, vélo, moto et tandem ont été bénis. »

Le père Bryan et sa maman, de passage.

Le père Bryan et sa maman, de passage.

Dimanche 31 mai.

DIRECTION LA FRANCE

DESTINATION : FREVIN CAPELLE

Pressés de rentrés, nous décidons de faire une folie : rentrer directement à Frévin Capelle.

Sur la route, un ascenseur à péniches. regardez le niveau des deux canaux !

Sur la route, un ascenseur à péniches. regardez la différence de niveau des deux canaux !

Arrivée en France vers midi, sous la pluie.

Arrivée en France vers midi, sous la pluie.

Toute l’après-midi sera pluvieuse, voir très pluvieuse par endroit.

Record de distance pour un seul jour.

Record de distance pour un seul jour.

Nous sommes donc rentrés en France, rentrés « à la maison ».

Merci à tous de nous avoir suivi. D’autres articles continueront de suivre, ne vous inquiétez pas.

A bientôt chez vous et chez nous (quand nous en aurons un)

Come back …

Tiens, te revoilà. Après neuf mois, nous te retrouvons. Le Printemps est bien installé ici. Sais-tu qu’il arrivait tout juste de l’autre côté des flots bleus ?

Que ces fleurs sont belles qui parsèment les prés de Hollande ? Marguerites, pâquerettes, quelques coquelicots perdus… Et ces rhododendrons qui ornent ces jardins ! Mauves, fushia, roses pales. Ils nous accompagnent de leurs doux arômes.

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Mais où sont ces grandes étendues qui s’étendent à perte de vue ? Ces forêts de conifères et de bouleaux interminables où se cachent les orignaux ? Ces lacs qui nous surprennent au détour de la route ? Ces écureuils gris courant de parts et d’autres ? Ces oiseaux chasseurs, guettant leurs proies ? Je ne vois que des canards, des lapins, des vaches et des poules.

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Tout est vraiment tout petit chez toi. N’as-tu pas mangé de soupe quand tu étais jeune ? Tu manques d’espace. Il y a des maisons partout ! Nous ne pouvons plus regarder nul part sans rencontrer des pierres, des moulins, des ponts ou des écluses. Cela doit être la caractéristique de cette contrée. Regarde la ville chantée par Jacques Brel. Ces canaux où des hurluberlus naviguent en prenant leur apéritif. Ces bicyclettes toutes plus étranges les unes que les autres où les mères pédalent vaillamment en portant leurs 3 petiots juchés devant et derrière. Ces gens qui se roulent les uns sur les autres tels nos chers vietnamiens à mobylette… – Quoique ici, tout le monde s’arrête aux feux rouges ! –

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Pourtant, qu’il est bon de te retrouver, ma vieille Europe ! Quelle joie de retrouver ta campagne parsemée de petits villages rassemblé autour de leur clocher. Bonheur de parcourir ces ruelles où les maisons s’accordent si bien dans une harmonie commune. Ces pays qui te composent ont chacun leur richesse. Et ils ne manquent jamais de nous surprendre; ainsi, au détour du chemin s’invite dans le paysage une église monumentale qui a troqué les briques pour des pierres blanches, et qui invite la Renaissance italienne au milieu de nulle part. Cette basilique ne vous rappelle-t-elle rien ?

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L’histoire, l’histoire ancienne se raconte de maisons en maisons, de villages en villages, de villes en villes, de pays en pays. Chacun en sa langue. Oui, qu’il est bon de revenir vers chez soi.

Canada

Voici en photos un petit résumé de notre séjour au Canada

Qu'est-ce que ce panneau ?

Qu’est-ce que ce panneau ?

Arrivée à Montréal.

Arrivée à Montréal.

Pont Jacques-Cartier pour entrer sur l'île de Montréal.

Pont Jacques-Cartier pour entrer sur l’île de Montréal.

Sur le pont !

Sur le pont !

Comme vous le voyez, nous sommes arrivés sous un beau et chaud soleil, ce qui après les dernières semaines, nous a fait un grand bien.

Nous avons logé chez ma cousine, la cousine d’Alix et sommes partis dans les Laurentides, au nord de Montréal avec Guillaume, le cousin d’Alix étudiant sur place et Louis, son frère, venu spécialement de France.

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…..on y compte bien.

Un tandem et deux vélo, joli convoi.

Un tandem et deux vélo, joli convoi.

Cette région est remplie de lac.

Cette région est remplie de lac.

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Nous avons suivi une ancienne ligne de train, Le Petit Train du Nord.

Nous avons suivi une ancienne ligne de train, Le Petit Train du Nord.

La rivière rouge !

La rivière rouge !

Guillaume essaie le tandem !

Guillaume essaie le tandem !

Encore un lac !

Encore un lac !

Au retour nous avons pris le temps de visiter Montréal avec Guillaume, Louis et Sophie, la cousine d’Alix.

L'oratoire St Joseph du mont Royal.

L’oratoire St Joseph du mont Royal.

Basilique Notre-Dame.

Basilique Notre-Dame.

L'hôtel de ville et son balcon d'où le Général de Gaulle a lancé son : "Vive le Québec....Vive la France....Vive la Québec....libre"

L’hôtel de ville et son balcon d’où le Général de Gaulle a lancé son : « Vive le Québec….Vive la France….Vive la Québec….libre »

Puis, ce sont les parents d’Alix qui sont venus nous rejoindre pour une semaine vers Québec, Le Saint Laurent, le Fjord du Saguenay.

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Regardez l'île à droite.

Regardez l’île à droite.

Sur cette vieille photo, on peut la voir à l'origine. Avant que la terre retirée pour creuser le métro serve  à l'agrandir.

Sur cette vieille photo, on peut la voir à l’origine. Avant que la terre retirée pour creuser le métro serve à l’agrandir.

Devise de l'enseignement catholique !

Devise de l’enseignement catholique !

Eglise du Bon Secours (Montréal)

Eglise du Bon Secours (Montréal)

Sainte Anne de Beaupré.

Sainte Anne de Beaupré.

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Fjord du Saguenay.

Fjord du Saguenay.

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Nous voilà maintenant à quelques heures de notre départ pour notre chère vieille Europe. Nous atterrissons à Amsterdam vendredi à 18h10, heure locale, direction les studios de Radio Maria.

Enfin…les franciscains !

Presque 50 jours après Pâques, voici une petite vidéo et un article tirés de notre rencontre avec les franciscains du Renouveau, dits franciscains du Bronx.

Nous remercions les frères d’avoir pu vivre le Triduum avec eux et d’avoir pu échanger, particulièrement avec le père Louis et le frère Pierre, sur la paternité et la vie dans le Bronx.

Avec brother Peter.

Avec brother Peter.

Father Louis, frère Franciscain du Renouveau a grandit à Brooklyn. Célèbre musicien de RAP et R&B à New-York, il se convertit en 1993, au cours d’un pèlerinage à Medjugorge, après plusieurs années d’une vie plutôt agitée, « a crazy life » (folle vie) rapporte t-il, durant lesquelles il a touché « à tout ce que la société propose d’immoral ».

Father Louis

Father Louis

En 1995 il rencontre les frères Franciscains et est ordonné prêtre en 2001. Par son travail et l’accompagnement de jeunes-hommes de la rue, Father Louis a découvert l’importance du père et combien son absence pouvait être source de grands maux. Il partage avec nous ses réflexions sur la paternité.

  • –  Selon vous, les hommes sont à l’origine de presque tous les problèmes du monde. Pourquoi ?

    –  Peu de temps après ma conversion, j’ai commencé à travailler avec des jeunes hommes, tous étaient dans la rue. A travers eux j’ai clairement vu et compris que les pères étaient les grands absents de la société. J’étais avec environ 40 jeunes-hommes de 12 à 20 ans, et parmi eux pas un n’avait connu son père. Ils touchaient tous à la drogue, au deal, et étaient coutumiers des arrestations… Mais pas un n’avait connu son père. Cela m’a interpellé et j’ai dit à Dieu : « Je veux passer le reste de ma vie sur ce problème ; il faut que les hommes deviennent de réels hommes. »

    Les femmes qui ont des problèmes dans le monde ont souvent été malheureuses à cause des hommes. En fait de ce que je vois comme « problèmes » dans notre culture, les hommes en sont toujours à l’origine. Et là où nous avons le plus besoin d’hommes, c’est dans la famille qui se construit grâce aux hommes qui « sacrifient », qui donne leur vie pour leur femme et leurs enfants. La paternité est l’antidote de la culture.

    Dans le Bronx, très peu de famille ont des hommes à la maison, on trouve beaucoup de mères et de grand-mères seules. C’est très triste car un garçon peut vraiment apprendre à devenir un homme par un homme. Je peux voir un homme marcher le long de la rue et simplement à la manière dont il marche, je peux dire : « Il n’a pas eu de père. » Nous avons un gros problème dans le Bronx et dans le monde en général.

    Quand on est dans une bataille, on attaque le chef et c’est la débandade. De même, si vous vous attaquez au leader de la famille, la famille n’a plus de direction.

    On s’y attaque dans les films, les séries télévisées, par exemple ici en Amérique, depuis les années 80 les hommes ressemblent à des idiots qui disent toujours oui à leurs fils, la mère se moque de son mari, et tout le monde rit de lui.

  • –  Beaucoup de psychologues font un lien entre l’absence du père et la violence que l’on observe par exemple dans le Bronx. Qu’en pensez-vous ?

    –  Tous les enfants ont droit à un père et à une mère. Ils le savent à l’intérieur d’eux-même. Donc quand le père est absent, ils sont en colère. Quand je travaillais avec ces jeunes, tous étaient violents. Il y en avait un particulièrement qui ne pouvait pas parler sans s’énerver. Un jour, je lui ai demandé : « Pourquoi es-tu si en colère ? » Il m’a répondu: « Je vais vous dire pourquoi je suis si en colère. Parce que je hais mon père. Je ne l’ai jamais vu. Mais s’il passe la porte, je le tue ». Et il était sérieux.

  • –  Comment définiriez-vous le rôle du père dans la famille ?

    –  Voici ma vision de la vie de famille :

Les enfants sont comme de la glaise. La mère est celle qui nourrit les enfants, elle est celle qui conserve la glaise malléable. Et le père est celui qui modèle. Si vous n’avez pas l’eau, si vous n’avez pas le mouleur, vous avez juste un bloc de glaise qui n’est bon à rien. Et c’est la déformation de l’être humain. La glaise doit devenir quelque chose de beau telle que le Créateur l’a voulu. Il semble qu’au début de la vie de l’enfant, la mère soit très importante. Mais à un certain âge, il regarde plus son père pour orienter sa vie, aussi bien les garçons que les filles.

Le père, dans la manière dont il vit sa vie de famille, et encore davantage, dans la manière dont il aime sa femme, enseigne aux hommes comment être des hommes, comment être respectueux, comment aimer, comment se sacrifier. Et il enseigne à la femme ce qu’elle peut chercher dans un homme et ce qu’elle peut en attendre dans la manière d’être aimée, protégée, dans ce qu’il peut lui apporter. Si cette partie manque dans la famille, les enfants ne savent plus où regarder.

La paternité est un travail de tous les jours. Pas de « day-off » (jour de repos). Si vous en prenez un, les enfants le sentent et vous leur enseignez alors qu’on a le droit de prendre un « congé dans l’amour ».
Je n’ai jamais pensé que mon père n’était pas impliqué dans ma vie. Il avait trois boulots. Mais malgré cela, il s’arrangeait toujours pour être là à l’heure du dîner ; là où la famille s’assoit toute ensemble. Papa était impliqué dans toutes les décisions. Il était le roc de la famille. Avec ma mère, ils étaient un esprit, un coeur. Ils pensaient tout ensemble. Et ça marche ! Etaient-ils parfaits ? non !

Bien sûr, il y a toujours des exceptions. Vous pouvez avoir une famille sans père, et une où tous les enfants seront magnifiques. Ils n’auront pas connu le bonheur d’avoir un père, mais ils seront paisibles, bons citoyens, bons travailleurs et auront peut-être une famille. C’est une grâce spéciale. Ce n’est pas typique. C’est une exception. Mais ça existe.

Juste avant notre départ vers le Canada.

Juste avant notre départ vers le Canada.