Et le père dans tout ça ?

Voici un petit brainstorming de diverses réflexions partagées ces derniers mois. Tout ceci vient de discussions, témoignages reçus de parts et d’autres. La plupart des témoignages ont été enregistrés et apparaîtront peut-être dans un livre, qui sait ? Nous espérons être fidèles à ce que nous avons entendu.

France

  • Le père, garant de la joie de la famille
  • Le père est celui qui permet à la femme, à la mère, de vivre dans le présent et non pas toujours projetée dans les futures tâches à accomplir.
  • C’est au père de faire respecter la loi, de poser les cadres.
  • Il appartient à la mère de permettre à l’homme de devenir père en lui laissant sa place auprès des enfants. Ainsi, il importe que le père puisse passer du temps avec ses enfants, jouer avec eux… Car les enfants accepteront plus facilement les cadres posés par leur père.  ( par une mère de famille )

Italie

  • Le père est le chef de la famille.
  • A l’extérieur le père est devant, à l’intérieur, la mère est la reine.
  • Le père donne la sécurité et par là, la confiance en soi : je n’ai pas peur du monde, j’ose l’affronter car je sais où me réfugier si besoin. (d’une fille de 20 ans)
  • Grande solidarité familiale : peu de maison de retraite car c’est aux enfants devenus grands de s’occuper de leurs parents ; peu de système de baby-sitting et de crèches, car c’est aux grands-parents de soutenir leurs enfants en gardant les petits-enfants si besoin.

—> Possibilité d’ingérence des grands-parents dans l’éducation des enfants. Cela nécessite une vraie réflexion et un dialogue sur la place de chacun.

  • La mère est souvent au front car plus présente dans la vie quotidienne pour l’éducation des enfants, mais elle a besoin de l’autorité du père. La parole de ce dernier ne se discute pas.  ( par une mère de famille )
  • Le mère est plus souvent dans une réaction immédiate et affective, tandis que l’homme parvient plus facilement à prendre du recul, à écouter puis trancher.  ( par le père de famille )

Albanie

  • Le père est celui qui doit travailler pour nourrir sa famille. Pourquoi est-ce davantage la place du père ? ( avons-nous demandé à un père de famille )  Mais parce qu’il a plus de force physique. C’est à lui de faire les travaux difficiles.
  • Le chômage rend difficile l’exercice de l’autorité car cela crée un déséquilibre au sein de la famille. ( cf point suivant sur l’Afrique )
  • Un bon père est d’abord un bon époux. Les décisions se prennent en couple même si aux yeux du monde, il appartient à l’homme de les assumer.
  • Le père accueille les hôtes.
  • Traditionnellement, ce sont les parents qui choisissent le futur époux/ la future épouse de leurs enfants. Ils souhaitent en effet le meilleur pour eux. Aujourd’hui, ces derniers ont le droit de s’y opposer !

Grèce

  • Le père doit être le roi de la famille : un bon roi, au sens où il doit prendre les bonnes décisions. Pourquoi lui plus que la femme ? Parce que la femme parle beaucoup et fait beaucoup de détours pour arriver au but, alors que l’homme écoute et va droit au but. (d’un homme grec en accord avec sa femme)

—> il est bien entendu que l’homme se sert aussi des réflexions de sa femme. (ajouté par une mère  française au Vietnam)

  •   Les mères « couvent » beaucoup leurs enfants, même lorsqu’ils ont 30 ans !

(d’une fille de 34 ans que la mère a appelé lorsque nous déjeunions ensemble pour savoir où elle était)

  • A la suite de la 2ème Guerre Mondiale, beaucoup de grecs ont quitté la Grèce pour rejoindre l’Allemagne et y travailler. Ils n’en ont pas pour autant perdu leur identité grecque, et notent une grande différence entre ces deux pays : lorsque les jeunes allemands commencent à travailler, s’ils habitent encore chez leurs parents, ils doivent participer aux frais de la maison. A contrario, les parents grecs auront toujours tendance à donner plus d’argent à leurs grands enfants !

Turquie

( lors d’une rencontre de jeunes entre 20 ans et 30 ans, un tour de table est réalisé où chacun a pu donner sa vision du père et un souvenir de son père ).

  • Nous y avons retrouvé l’idée de sécurité et d’exemple donnés par le père.
  • Le père trop autoritaire. Mais beaucoup ajoutaient : «  Même si je sais qu’il m’aime. »
  • Plusieurs jeunes voient en leur père un modèle de sacrifice envers leur famille.
  • Dans un certain nombre de familles musulmanes, le père est plus lointain dans l’éducation des enfants. C’est l’affaire de la mère. Quand il intervient, cela tombe comme « un cheveux sur la soupe ». ( française travaillant avec des personnes musulmanes et ayant été mariée à un homme musulman ).

Arménie

  • Peu de pères : 1 homme pour 4 femmes. Certains sont au front contre l’Azerbaïdjan et d’autres en Russie, au départ pour y travailler. Mais beaucoup y refont leur vie, leur femme et enfants restant en Arménie.
  • Dans la tradition, modèle très patriarcal. Les femmes ne doivent pas conduire ; elles demandent l’autorisation de leur mari pour toute activité extérieure à la maison. Elles devaient cependant être lettrées car devaient assumer l’éducation de leurs enfants. Aujourd’hui cela se perd. ( mère de famille )

Russie

  • La famille a été atomisée par le régime communiste : dès les années 20’, divorces, avortements, partages des femmes ; puis à cause des guerres successives, les peu d’hommes restés aux villages jouissaient d’un statut exagéré. Les femmes ont donc du prendre les choses en main, tant au niveau des enfants que du travail, ce qui donne aujourd’hui l’apparence d’un modèle matriarcal.
  • Le modèle père-mère-enfant retrouve petit à petit sa place souvent grâce à l’impact de la religion.
  • Grande détresse familiale dans les campagnes causée entre autre par l’alcoolisme.

Brunei 

  • Les rôles père/mère bien davantage marqués chez les familles musulmanes que dans les familles catholiques. Mais grande influence occidentale par le biais des médias sur les jeunes générations.
  • Avant l’ère du numérique, les parents étaient les premiers à apporter le savoir à leurs enfants. Aujourd’hui, internet semble remplacer les parents.
  • Le père semble inutile car il n’a plus rien à apprendre à ses enfants. Ces derniers trouvent tout sur internet.
  • La tâche des parents est beaucoup plus complexe car ils ne peuvent pas vérifier tout ce que leurs enfants découvrent par le biais des médias. Leur donner une bonne éducation est un vrai défi. ( Mgr Cornelius Sim, évêque du Brunei ) Cela demande une plus grande communication avec les enfants pour prévenir des méfaits d’internet ( mise en garde particulière par rapport à la pornographie ). Les parents doivent aussi contrôler le temps passé sur les écrans.

Vietnam 

Les premiers propos ont été recueilli dans un petit séminaire où une petite centaine de jeunes vivent dans le but de pouvoir passer à la fin de leurs études (4 ans) le concours pour entrer au séminaire.

  • Le père doit savoir pardonner et demander pardon à ses enfants et à sa femme.
  • Le père est celui qui tire vers le haut, qui donne de l’ambition à ses enfants.
  • Le père fait prier sa famille.
  • Le père doit d’abord être un bon mari.
  • Les parents doivent passer du temps auprès de leurs enfants, quitte à travailler moins.

Propos reçus lors d’un dîner avec un anthropologue dont la thèse porte sur les échanges non marchands dans une ethnie du nord Vietnam.

  • Au Vietnam se côtoient différentes ethnies, dont beaucoup à la base sont matrilinéaires. Les choses ne sont cependant pas figées et il est difficile d’écrire des généralités.

– L’ethnie majoritaire au Vietnam, celle des viets, a été influencée par le confucianisme. Dans le dogme confucéen, la femme reste mineure toute sa vie. Cela est très présent au Vietnam mais ce n’est pas figé car on voit que les femmes ont une place très présente : sur les décisions par rapport aux enfants, leur éducation. Ce sont également les femmes qui tiennent la bourse.

Le mari a le rôle d’être devant les autres gens quand il y a des invités, il a le rôle de rapporter l’argent à la maison. Quand il y a des réunions au village, c’est le chef du foyer qui vient représenter la famille. Politiquement, c’est lui qui vient.

Les choses ne sont pas sclérosées, ils sont très pragmatiques. Si un homme n’a que des filles, le mari de sa fille vient habiter chez lui, il peut prendre son nom, faire le culte des ancêtres pour lui ce qui n’est pas du tout dans la loi du confucianisme. D’autant plus que maintenant il y a le planning familial, donc les gens ne sont pas censé avoir plus de 2 enfants. A l’époque, chacun se débrouillait pour avoir un fils, maintenant, avec le planning, si le couple n’a que des filles, il s’arranges avec leur gendre.

Congo et Cameroun ( nous n’y avons pas été mais avons rencontré plusieurs africains ou personnes ayant vécues en Afrique )

  • Le père nourrit sa famille.
  • Il est le chef de la famille, c’est à lui de prendre les décisions. Mais lorsqu’il ne travaille pas et ne ramène plus d’argent à la maison, il perd sa légitimité.

Réflexions générales 

  • Sous l’influence occidentale, nombre de jeunes parents sont moins enclins à séparer clairement les rôles de chacun dans le couple et vis à vis de l’éducations des enfants. ( vu en Italie et au Brunei )
  • L’homme s’occupant des affaires extérieures et la femmes des affaires intérieures ( maison et éducation des enfants ) est un rapport que nous retrouvons dans la plupart des cultures et traditions, de l’Italie au Vietnam.
  • Alcoolisme, chômage et oisiveté des hommes vont souvent de pair avec des femmes et des enfants battus.

Et en Chine….  chez les Na… à venir !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s