Erchema par delà les montagnes.

En attendant d’avoir le temps de vous en dire plus, nous vous invitons à visionner le documentaire sur une petite fille Erchema de l’ethnie des Na (ou Moso ou Mosuo) tout juste réalisée par Emilie Porry, que nous avons retrouvé au lac Lugu.

Ce sera le 1er mars, sur France 5, à 14h35.

https://www.facebook.com/events/884894118241982/?ref_newsfeed_story_type=regular

De Hanoï au Lac Lugu

Nous devions aller de Hanoi à Lao Cai ( frontière avec la Chine ) en vélo, puis continuer en bus jusque Kunming. – En bus, car nous nous sommes faits avoir en faisant faire notre visa par une agence à Hanoï et n’avons eu que 20 jours et non 30. Donc, pas le temps de traîner. – Sauf que, quelques jours avant notre départ de Hanoï, nous avons trouvé les coordonnées d’une française qui avait passé 2 mois chez les Na ( ou Mosuo ) en 2007 et qui faisait un documentaire sur eux. Nous la contactons et apprenons qu’elle est actuellement au Lac Lugu jusqu’au 1er mars. Nous décidons donc d’accélérer notre trajet et ne faisons pas le trajet prévu en vélo mais en bus couchette ( malheureusement car le nord du Vietnam est réputé pour être très beau. ) Ainsi nous prenons 1 premier bus de nuit de Hanoï à Lao Cai. Il arrive à 2h30 du matin… pratique ! Pour finir la nuit, ce sera donc hôtel. Le premier de ce tour du monde.

Le lendemain, nous passons la frontière chinoise en vélo ( rien de glorieux, ce n’était qu’à 3-4 km…! ) et attendons le prochain bus couchette pour Kunming. Ce dernier part à 19h30. A quelle heure arrivera-t-il cette fois ?

Réponse : 1h30 du matin, mais en périphérie de Kunming. Nous cherchons donc là encore un hôtel. Et là, nous découvrons que tous les hôtels ne peuvent pas accueillir d’étrangers. Nous voilà donc, ne sachant pas du tout où aller, devant 5 ( au moins ) hôtels qui ne peuvent nous héberger et nous rencontrons là vraiment l’obstacle de la langue. Finalement, après quelques kilomètres parcourus, à force de demander, nous trouvons un endroit où poser notre tête.

Le lendemain, nous retrouvons Johnny, un chinois très sympathique, dont nous avons eu le contact par une amie. Nous dormons chez lui ce soir-là et laisserons le tandem chez lui pendant la durée de notre séjour au Lac Lugu qui est encore à plus de 500 km.

Nous prenons la route au petit matin avec Johnny, dans la voiture de l’une de ses amies. Prochaine étape : Dali. Nous sommes mercredi, ce soir, nous resterons fêter Têt ( le Nouvel An chinois ) avec la famille de Johnny et passerons un très bon moment avec eux.

Le jeudi nous prenons le train pour Lijiang. Là, nous sommes contraints de rester 2 nuits car il n’y a pas de bus pour le Lac Lugu avant samedi. Cela tombe finalement bien, pour la première fois du voyage, je ( Alix ) suis malaaaaade ! ( une bonne angine je pense ). Donc, repos, et visite tout de même de la  » vieille ville  » . Je mets des guillemets car de vieille ville, nous voyons plus une imitation, avec des maisons neuves faisant vieux ! (et pourtant, il semble que cette vieille ville soit classée au patrimoine mondiale de l’Unesco. . .)

Enfin, dernière ligne droite, samedi matin c’est parti pour 220 km qui seront parcourus en… 8 h, avec 2 changements de bus

Nous voilà donc au lac Lugu après 8 h de bus depuis Dali

Une société sans pères ni maris… c’est du moins ce que nous pensions suite à la lecture du livre de Cai Hua. Et pourtant, il semble que ce ne soit pas tout à fait ça, voir pas du tout… Beaucoup d’erreurs et de clichés semblent avoir été véhiculés par ce livre, entre autre.

Haji Sir Hassanal Bolkiah Muizzadin Waddaulah, sultan du Brunei

Une découverte étonnante.

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Je croyais que nous avions un jugement critique développé mais j’ai du me tromper. Pour preuve, j’en veux mon étonnement face à la monarchie du Brunéi.

Nous, français, avons été baignés dans cette culture de la République comme solution unique à la question politique. J’aurais même envie de dire que la République est, pour tout « bon » français, la solution la plus aboutie. Comme si toute nation dans son développement devait absolument devenir une République. Ainsi le sultanat du Brunéi paraît très loin de notre idéal, loin de notre pureté gouvernementale.

Me voici donc au milieu d’une conversation à propos du sultan fort étonné des doutes que j’émets face à l’admiration et au respect que les brunéiens lui portent. Voici le poids de l’éducation nationale, de son enseignement tant dans les écoles publiques que privées. Moi qui croyait avoir lutté depuis mes années de collège contre le moule de la « bonne pensée »…

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Notre hôte d’un soir, qui a ressorti spécialement pour nous son habit traditionnel.

Nous sommes venus au Brunéi pour découvrir si le sultan peut être comme, en France, la littérature du XVIII ème siècle le laisse à penser, un père pour ses « sujets ». Ici le doute n’existe pas. Cela se voit d’abord par une certaine préférence nationale et par la difficulté d’obtenir la nationalité.

Ainsi pour devenir brunéien, seul le droit du sang compte. Le mariage ou la naissance sur le sol brunéien pourra faire de vous un apatride (nous en avons vu le cas) mais pas un brunéien. Sur le sol de cet état, plus petit que la Corrèze, réside donc 418 000 habitants environ dont un peu plus de la moitié possède la nationalité.

Pourquoi s’arrêter comme cela sur l’importance de la nationalité ? C’est qu’ici en fonction, les avantages y seront différents. Tous les habitants jouissent de l’essence peu chère, de l’absence d’impôt direct comme nous les connaissons ; à l’exception d’une taxe d’environ 80 dollars brunéiens, à peu près 52 euros, pour une voiture comme la Toyota Vios. L’école publique est, d’après ce que nous avons compris, aussi gratuite pour tous. Mais voilà, le reste est bien différent.

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A Seria, une énorme raffinerie de pétrole a été développée par Shell. Là ont travaillé mgr Sim, le père Paul et le père Robert.

La santé est gratuite pour les brunéiens. Pour les autres, les parents dépensent 1000 dollars brunéiens par enfant pour avoir accès gratuitement à tout acte médical jusqu’à l’âge de 12 ans. Les frais d’hospitalisation resteront à la charge de la famille. Ensuite l’enfant de 15 ans et plus paie les frais comme un adulte. Mais cela est compliqué, en fonction des assurances par exemple.

Il y a certes une préférence nationale mais aussi une certaine intelligence de la part du sultan. Le roi privilégie largement ses sujets, mais reste accueillant aux étrangers.

Là où mon étonnement fut complet c’est lors d’une soirée passée dans une famille catholique. Alors que dans les différentes familles musulmanes rencontrées, la courte discussion sur le sultan a tourné autour de la gratuité de l’école et de la santé, ici au contraire chacun avait une anecdote à nous raconter.

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Photo du sultan et de sa première épouse.

En arrivant dans la maison, le père de famille nous apprend ainsi que le sultan a offert le terrain pour la construction de la maison et que le reste a été payé par lui. Puis, nous découvrons que le sultan n’est pas l’homme lointain que nous imaginions parce que dans toutes les entreprises, du restaurant à l’entreprise Shell en passant par le coiffeur et le garagiste sa photo doit se trouver accrocher au mur.

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et chez une famille musulmane

Au contraire, il connait assez bien son peuple, il essaie d’en être le plus proche possible, et n’hésite pas à se « mouiller ». Ainsi chaque mois de juillet, à l’occasion de son anniversaire, le palais est ouvert à tous pendant 3 jours et le monarque reste présent et accepte volontiers les photos avec ses sujets. Il en est de même dans tous ses déplacements. Les selfies, qui font un ravage dans ce pays très occidentalisé, peuvent être prises au côté du sultan.

Jusque là, nos présidents aiment également se livrer à se genre d’exercice. Mais sont-ils aussi humble que cet homme ?

Il y a quelques années, un homme de son escorte a chuté de sa moto. C’est lui qui est descendu pour faire la circulation routière. Il a fait ensuite emporter cet homme par hélicoptère jusqu’à Singapour pour le soigner, sans succès malheureusement.

Un jour, il a été pris en stop par un vieillard dans une vieille voiture. L’homme, qui était un étranger, ne l’a pas reconnu et ils ont discuté comme si de rien n’était. A la fin, le sultan lui laissa de l’argent afin qu’il puisse se racheter une nouvelle voiture. Le sultan possède environ 2000 voitures. Bien loin d’en être choqué, voici une autre anecdote amusante. Un jour, il était sur l’autoroute pour tester sa voiture de sport. Dans son rétroviseur, un homme voit débouler le bolide et commence à essayer de l’empêcher de passer. Cette course poursuite a durée jusqu’à la capitale, où l’homme s’est vu félicité par le sultan parce que ce dernier n’avait pas réussit à le dépasser.

Il arrive aussi que le sultan décide de visiter la maison de ces sujets. C’est ainsi qu’il se rend compte de leur niveau de vie, de l’état de leur habitation. A la suite de quoi, il a fait construire plus de 6000 maisons (je vous parle des lotissements que nous avons vu). Les gens possède donc une maison neuve et il rembourse le sultan selon leur possibilité. Mais ainsi le peuple est logé. Nous avons été avec le père Robert dans l’une des ces maisons un dimanche, pour la bénir. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir ce prêt à taux zéro, la taille de la maison et plus encore le fait que sur une maison de 147 000 dollards brunéiens, le sultan en paie 100 000. Les 2/3 de la maison sont payés par le sultan et cela dans la plus grande discrétion : aucun tambour, pas d’annonces officielles sur la magnanimité du sultan. Nous étions tellement abasourdi que nous avons fait confirmé la chose par plusieurs personnes les unes après les autres.

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Lors de la bénédiction d’une maison, construite au sein d’un des lotissements. ( à gauche, la rigole pour les fortes pluies. Il y en a le long de toutes les routes ).

Le meilleur exemple est pour la fin. Un jour qu’il visitait une faculté, il décida de ne pas suivre le trajet prévu mais de se rendre dans tous les bâtiments, sans exception. Les dirigeants avaient voulu cacher qu’un certain nombre d’étudiants dormaient par terre. Mais durant la visite le sultan s’est retrouvé nez à nez avec un jeune dormant à terre. Dans les jours qui ont suivis, il y avait des lits pour tout le monde.

Que dire de cet homme, sinon qu’il est un père pour ces sujets ?Alors certes, la charia est appliquée maintenant depuis quelques mois mais pour sa défense, tous s’accordent à dire que c’est la décision de son premier ministre -son fils-, trop influençable. Je ne veux pas absolument le défendre mais en tant que chef d’un état à majorité musulmane, une telle décision peut se comprendre. ( Les conséquences seront développées dans un autre article. )Je pense que l’on peut le considérer comme père au sens où il prend soin de ses sujets ; il veille aux besoins premiers de ceux-ci, les protège et leur offre une vision du monde.

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La regalia royale. Tout le musée est à la gloire du sultan.

Je tiens cependant à la fin de cet article à préciser tout de même que comme toute royauté absolue, le bal des ministres n’est pas forcément très rationnel. Une phrase déplacée, une attitude qui ne plaît pas et une heure plus tard le ministre a changé. Ce problème nous a notamment été soulevé par l’évêque a qui cela pose des problèmes. En effet, les catholiques sont comme beaucoup d’autres sujets du sultan : plus ils sont haut placés, plus ils ont peur de perdre leur place et évite donc de montrer leur désaccord en défendant l’Eglise.

quelques mots

Bonjour, ou bonsoir pour nous,

juste quelques mots pour vous donner signe de vie. Nous sommes arrivés à Hanoï presque aussi facilement que dans un conte de fées.

Lundi 2 février

Nous avions décidé de faire changer les plaquettes de nos freins à disque. Nous avons cherché au Brunéi mais aucun vendeur n’avait le bon modèle. Donc, nous sommes partis de bon matin du Brunéi vers Miri en Malaisie. Là, nous devions trouver, c’est sûr.

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Voilà le petit déj local pendant 10 jours: noodles.

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Notre hôte à KB : le père Paul.

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De bon matin, il fait déjà très chaud.

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Même les « loco » ont chaud.

Arrivés à Miri en fin de matinée, nous sommes restés trois bonne heures chez un réparateur.

 

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Le garage : mobylettes, vélo. Il fait tout.

Comme lui n’a pas la pièce, il s’en est allé chercher la pièce chez des collègues. Au passage, nous lui demandons de changer notre béquille, cassée depuis l’avion entre Moscou et la Malaisie.

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Notre petit vélo sur cric. Très amusant.

En conclusion :

  • les patins de frein ne sont pas remplacés.
  • il a perdu un patin en chemin.
  • il n’a pas su remonter correctement le tout
  • NOUS N’AVONS PLUS DE FREIN A DISQUE UTILISABLE.

Il ne reste que le frein classique d’Alix, donc à l’arrière. Je ne vous raconte pas comme c’est amusant.  » Freine !  »  » Stop !  »  » Non, n’arrête pas le vélo, ralenti juste !  »  » Alix, c’est toi qui a les freins ne m’oublie pas !! « 

Nous avons donc repris notre vélo, un peu fâchés. Et là, la pluie s’est mise à tomber. Pourtant cela n’a même pas entamé notre bonne humeur jusqu’a ce que . . .  le pneu arrière crève.

Sans frein, sous la pluie, avec un pneu crevé, le tout à 500 mètres de la cathédrale où nous dormions. Cela nous a un peu tendu, il faut l’avouer. (ici pas de photos, dans ce genre de situation, bizarrement nous ne pensons pas à en prendre)

Mais après la réparation (je vous passe les détails, nous avons mis quasiment une heure !), nous avons été très sympathiquement reçu par le père Gabriel qui nous attendait, prévenu par le père Paul du Brunéi. Il est le curé de la cathédrale de Miri.

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La cathédrale possède peu de murs. Le tour est fait de grilles pour laisser passer le maximum d’air.

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Le père Paul, curé de la paroisse.

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Puis le lendemain, 

mardi 3 février.

 

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Démontage du vélo dans l’aéroport

Pour ne pas avoir de problèmes, nous sommes arrivés à l’aéroport à 9h30 pour un avion à 16h !

Cela nous a laissé le temps de savoir que nous avions le droit à 2×30 kg de bagages. Le tout en 4 bagages maximum (problème ! nous avons 4 sacoches et 1 vélo). Et qui plus est, un bagage ne peut pas excéder 32kg, norme internationale. (deuxième fois seulement qu’on nous embête avec ça.)

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Toujours pareil.

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Nouvel emballage pour le vélo.

Du coup, nous avons enrubanné les sièges avec les sacoches blanches. Et les deux sacoches rouges ensembles. Ce qui ne fait plus que 4 bagages. Le vélo pesant 31,7 kg avec l’emballage que vous voyez.

 

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Après nous avons trouvé une bonne occupation. Non Ben, VIOU n’existe pas dans la langue française !

Ensuite nous avons atterri à Hô chi minh ville (Saïgon) vers 21h, nous avons du sortir de l’aéroport : donc faire nos visas vietnamiens. ( ce qui vaut le détour également : une bonne heure à prévoir avec des détails croustillants. Ainsi, ils n’acceptent que les dollars américains mais aucun distributeur n’en fournit. Il faut donc faire marcher les bureaux de change de l’aéroport. Le système est bien rôdé !)

Puis récupérer nos bagages, et nous rendre 200 mètres plus loin au hall des vols domestiques ; hall fermé pour la nuit. Nous avons donc dormi (ou presque) devant.

Puis après un lever vers 3h30, nous avons pu entrer et faire enregistrer nos bagages vers 4h30 pour notre avion à 5h50. Mais là, nous n’avons plus le droit à 30 mais à 20 kg de bagages. Et pourtant nous venions de prendre un avion de la même compagnie : Vietnam Airlines. il faut donc aller payer en plus pour le vélo.

Je vous passe l’amabilité de la dame qui ne voulait pas de mon vélo emballé ainsi et patati et patata. Enfin nous sommes dans l’avion, et je vous passe une nouvel fois l’amabilité des hôtesses. Bref : Vietnam Airlines : jamais plus.

Nous sommes donc à Hanoï. Nous attendons notre visa chinois et pendant ce temps nous essayons de trouver les pièces pour notre vélo. Nous avons ainsi parcouru la ville de long en large toute la journée : Alix, en mobylette, derrière une amie française et moi avec un vélo. Mais nous avons apparement trouvé un moyen. La confirmation dans nos prochaines nouvelles.