Chapitre 2, lundi 20 octobre

Lundi 20 octobre, Florina-Arnissa.

Au matin, après le petit-déjeuner,

entrée du monastère des soeurs.

Entrée du monastère des soeurs.

nous passons chez les soeurs voir leur église, et discuter un peu. Elles nous offrent des dvd sur le mont Athos et un livre et des papiers sur l’orthodoxie. Nous sommes étonnés, voir blessés par leurs propos. Toute cette littérature est en comparaison avec le catholicisme, et une comparaison assez négative. l'iconostaseL’image simple qu’elles nous ont donnée et celle de l’arbre de la Vie. Cette arbre en forme de croix c’est l’Eglise de Jésus Christ. Mais une des branches est brisée à cause de la foudre, cette branche c’est l’Eglise catholique romaine. Nous parlons d’unité, de points communs, elles parlent de divergence, de détournement de la Vérité. Matinée difficile. Nous reprenons la route en direction d’Edessa. Malgré les apparences, la route ne fait QUASIMENT que descendre, un bonheur. Nous arrêtons le soir à Arnissa.

Nous croisons une dame qui parle allemand, elle ne nous comprend pas. Puis dans la rue, un vieux monsieur nous interpelle : il y a 75 ans, s’appelle Jordan et a travaillé environ quinze ans en Allemagne, dans les mines. De suit, ils nous invitent à dormir chez lui. Soirée ô combien différente de la précédente.

Jordan, Yannick et Georges ( du 1er plan vers le fond)

 

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Dîner sur cuisinière au bois. dans les seules gamelles propres, les nôtres

Nous somme au rez de chaussée d’une maison dans la chambre qu’occupe habituellement un albanais, qui avec un visa touristique, qu’il doit aller faire renouveler tous les trois mois, travaille en fait au noir. Cas de figure fréquent, nous le savions pour en avoir discuter avec des jeunes à Shenköll de retour d’Italie ou de Grèce.

L’accueil est chaleureux, les locaux moins. Nous sommes entre ce monsieur, Jannick, l’albanais, et Georges, un roumain. Passe dans la cour où nous dînons une dame qui vivait sans doute là. Jannick nous coupe du bois pour la cuisinière, et nous offre de quoi faire un café frappé, la spécailité grecque (ce sera pour un autre article) Georges sort la télé dehors avec une grosse ralonge electrique, Jordan nous offre une bière. Nous mangeons, non pas sur la table, mais sur un journal posé sur la table qui est trop sale pour poser notre nourriture dessus. Les toilettes, au fond su jardin, sont turcs et sales. La cuisine, une baraque en bois avec la cuisinière est sale, des restes de nourritures trainent dans des gamelles à droite, à gauche.

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un peu de tout dans cette pièce

Notre chambre, qui est un ancien petit magasin dont reste la grande devanture, sent la transpiration, il y traîne un lavabo cassé à côté d’un reste de fayot et de chaussettes ; bref tout est sale ici. Il y a de tout dans cette pièce.

 

 

Nous passons une nuit tout de même très agréable, nous sommes couchés tôt ce qui nous fait du bien.

 

Trois nuits en Grèce, trois cultures…

  Chapitre 1, dimanche 19 octobre

Nous quittons la communauté des soeurs franciscaines de l’Evangile de Bilitch. Une vingtaine de kilomètres plus loin, au milieu de rien, se dresse la frontière. Nous y sommes vers 10h30, nous serons en Grèce à 12h30. Nous devons passer la frontière albanaise puis la frontière grecque. En soit rien de très compliqué, c’est juste une heure d’attente pour peu de choses. L’autre heure est due au décalage horaire qui existe maintenant entre la France et nous.
Le 1er drapeau grecque

Le 1er drapeau grecque

A chacun son moyen de transport ...

A chacun son moyen de transport …

 

D’ailleurs nous en avons profité pour resserer quelques visses et nous avons rencontré un homme et sa vespa. Cet italien est parti faire le tour du monde sur sa Vespa. L’idée est à retenir pour notre prochain tour.

Nous sommes très vite dépaysés. Il y a ici une multitude d’arbres dont les couleurs d’automne nous émerveillent, les routes sont correctes, il y a des tracteurs tel qu’on les connaît chez nous . . .

DSCN3860Cette journée est une journée de montagne. L’après-midi est une montée en continu, d’abord tranquille puis à 10%. 10% sur 6 km, c’est long et fatiguant. Nous regardons notre carte, l’heure, il est trop tard vu notre état de fatigue pour avancer plus loin. Par conséquent nous nous arrêtons dans une petite station de sport d’hiver. Nous nous adressons à des maçons, mais la barrière de la langue est là ; nous n’arrivons à rien. Au loin, une maison semble habitée. Après quelques minutes d’une discussion laborieuse en anglais, la dame nous dit de continuer 3 km vers un camping. Nous n’insistons pas et redescendons vers le centre du village. Une cheminée fume, il y a donc quelqu’un dans une maison. Nous sonnons et sommes reçus pas une dame d’environ 70 ans qui tient une brasserie, vide en cette saison. Nous comprenons qu’elle accepte de nous recevoir pour la nuit et en plus qu’elle nous offre à dîner.

En fait, il n’en est rien, nous n’avons pas compris du tout. Moins d’une demi-heure plus tard, deux caravelles emplies de moniales orthodoxes stoppent devant la porte. Elles entrent et discutent avec la dame. Plusieurs d’entre elles parlent anglais et nous expliquent la situation. La veille dame n’est pas rassurée par notre présence, elle pensent qu’on va l’agresser et en plus le repas ne nous était pas offert, mais nous devons payer. 6euros !! Notre argent du lendemain vient d’y passer. Vraiment, nous n’avons rien compris !!!

Dans la voiture

Dans la voiture

La supérieure donne ses ordres. Nous montons le vélo dans l’une des caravelles, Alix monte devant, moi dans le coffre ; direction leur monastère. 3 km de montée puis 21 km de descente non-stop jusqu’à Florina. Dommage, celle-ci ne sera pas pour nous. Arrivés là, les soeurs nous offrent le dîner et nous déposent une série de livres à nos côtés pour patienter entre la fin du dîner et leur retour. Entre temps elles ont appelé des amis hôtelier qui nous offrent une chambre pour la nuit parce que du fait de ma présence masculine, elles ne peuvent nous recevoir au monastère.

Nous sommes en Grèce.

 

Bienvenue en Grèce !

Bienvenue en Grèce !

 

 

Bientôt des nouvelles plus longues.

 

 

 

 

Au programme : un arrêt au fin fond de l’Albanie

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C’est une montée !

pris en stop par des soeurs orthodoxes, accueillis par des réfugiés et enfin retrouvailles avec la langue française.

 

 

 

 

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Au loin, l’Albanie.

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Déjeuner sur l’herbe

 

Une journée en Albanie

Extrait de notre carnet de bord

Une nouvelle journée commence ici, à Shenkoll. Qu’allons-nous découvrir sur l’Albanie ?

Nous sommes réveillés par le bruit d’une machine. Qu’est-ce que c’est ? serait-ce le groupe électrogène des pères qui permet de remettre l’électricité dans la maison quand elle est coupée pour le village ?

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Non, seulement la machine permettant de récupérer les grains de maïs. Ces deux hommes travailleront jusqu’au soir pour trier tout le maïs récolté il y a quelque temps. Travail long et fastidieux car la machine est petite et il faut manuellement pousser le maïs dedans. Un homme italien présent pour le we fait remarquer qu’en Afrique, il a vu le même travail mais fait avec une machine ayant un rendement bien plus important. Telle est l’Albanie, du moins au Nord. Un pays fermé par le communisme et que le gouvernement n’a pas su ou voulu développer depuis la chute du régime en 1992.

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Pendant le tri du maïs, Benoît emmène les uns et les autres pour essayer le tandem. Tandis que deux autres hommes italiens accompagnent les enfants chez le dentiste. 8 enfants passeront aujourd’hui et demain, une vingtaine doit encore y aller.

Après le déjeuner, nous jouons aux cartes selon notre habitude. Puis nous rejoignons le père Salvator qui célèbre la messe chez des soeurs salésiennes. Ici, dès que nous sortons de la route principale, nous nous retrouvons sur des chemins en terre … souvent très chaotiques… et pleines de rencontres imprévus.

DSCN3174 DSCN3176 DSCN3175 DSCN3172Impossible de pendre une photo correcte, ça bouge trop !

Enfin, nous arrivons dans une belle cour, telle une cour d’école. Les bâtiments sont beaux : ils ont été finis il y a un mois. Ici, vivent 4 soeurs salésiennes. A l’image de don Bosco, elles tiennent un oratorio ( un patronage, dirions-nous en France ). La messe a lieu dans une grande salle aménagée en chapelle pour l’occasion. Le père Salvator confesse ceux qui veulent, pendant que les autres récitent le chapelet. Beaucoup sont présents à la messe, mais un certain nombre sont passifs. Peu chantent et peu vont communier. La communion est d’ailleurs un bon moment de discussion. Certains prennent leur portable sans problème. Héritage  de 50 ans de communisme où le mot  » athée  » était inscrit dans la constitution de l’Albanie ?

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Engells, le sémniariste kosovar

Après la messe, le père nous emmène, avec une souer albanaise et Engelles, un séminariste kosovar, voir des bunkers le long de la mer, traces de la guerre dans les années 70. Je demande à Engelle si le Kosovo est comme l’Albanie. Selon lui, la sitation est moins difficile qu’en Albanie. La guerre n’aurait touché qu’une partir du pays. Et le gouvernement a su développer le pays après. DSCN3163

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Puis, nous accompagnons la soeur chez son père. La route est très mauvaise. Mais, à côté de la ferme, il y a 2 belles maisons (qui ne sont pas celles du père).

L’oncle de la soeur, qui vit avec son père, possède une dizaine de vaches. C’est le plus gros troupeau que nous voyons depuis notre arrivée !

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Tous les matins, l’oncle va vendre son lait. Le résultat de sa vente lui permet de payer l’école à deux filles orphelines.

Car ici, il n’y a pas de grosses fermes, ni de gros champs. Chaque famille possède sa vache, parfois quelques moutons, poules et coq et sa parcelle de terre. Encore un reste du communisme car avant, il y avait de grandes exploitations. Mais au moment de l’arrivée du régime, toutes les grandes parcelles ont été divisées en petites, et chacune attribuées à une famille différente.

Le père de la soeur possède 3 vaches et est vêtu pauvrement. Il est veuf, et c’est sa fille qui vient tous les samedis soirs, pour ranger la maison et l’aider. Mais il a le sourire aux lèvres et beaucoup de force, comme le constate Engells duquel il ne lâche pas la main ! A l’aide de gestes, il me dit : « c’est Dieu qui donne le sourire !  » Tout est dit !!!

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Nous rejoignons les deux hommes au milieu du champ.

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Après cette escapade, nous rentrons et rejoignons des soeurs indiennes missionnaires de l’Incarnation, qui nous ont invité à dîner. Nous rions de nous retrouver, nous,  2 français, en Albanie, avec 4 soeurs indiennes, parlant italiens et anglais ! Les soeurs accueillent pour la nuit une autre soeur franciscaine missionnaire du Sacré-Coeur indienne, dont la communauté est plus au nord de l’Albanie. Chez elles, il y a une soeur italienne, une soeur des Philippines, une soeur albanaise et elle qui est indienne. Quelle est belle notre Eglise Catholique !

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Le dîner est plein de gaîté. Nous rions beaucoup et chantons chacun un chant dans notre langue d’origine.

Enfin, il est temps de rentrer dormir. Encore une belle journée de passée, riches de rencontres et pleine de joie !

Des jours pluvieux mais heureux

Cela fait un peu longtemps que nous n’avons pas eu accès à internet, alors voici quelques nouvelles des deux dernières semaines.

Mercredi 1 octobre, départ de Rome.

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à la gare de Rome Tiburtina

Imaginez l’attraction dans la gare. Un engin de 3,20 m descend trois escalators, monte plusieurs escaliers…

Heureusement nous rencontrons des gens généreux qui nous aident dans nos manoeuvres.

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dans le train vers Pescara

 

 

 

 

 

 

 

Arrivés sur le quai, les controleurs se demandent comment nous allons monter avec le vélo. Vous auriez vu leur tête quand on a plié le vélo… Ils n’en revenaient pas.

Jeudi 2 octobre, de Pescara à Vasto

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aujourd’hui est un jour de pluie

 

 

 

 

Notre équipement est excellent : pantalon et guêtre pour rester au sec, même dans les chaussures. Merci à M. Allègre (Go Sport Arras) d’y avoir pensé.

Super, oui. Sauf le manteau. En quelques minutes sous la pluie nous sommes trempés jusqu’aux os. Incroyable.

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quel look après s’être changé

sous les arcades d'un centre commercial

sous les arcades d’un centre commercial

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Jusque là, aucun soucis. Nous sortons notre réchaud pour faire cuire les steaks et fondre le fromage. Mais problème, la pompe ne fonctionne plus, nous ne pouvons plus présuriser la bouteille d’essence, par conséquent, nous ne pouvons pas faire cuire notre nourriture.

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La cuisinière de retour du centre commercial

 

 

Alors Alix est allée demander à un restaurant pour faire cuire notre repas.

Finalement le tout sera cuit au micro-onde. A vrai dire, c’était pas mal.

Le soir nous sommes reçus par un couple italien à la retraite, vivant en Allemagne. Cela fait du bien de pouvoir prendre un douche chaude, une bonne pasta  ainsi qu’une bonne grappa pour se réchauffer après cette journée de pluie incessante.

Vendredi 3, de Vasto à Lesina.

Aujourd’hui, il fait beau. Le temps est clément, le matin du moins.DSCN2836 - Version 2

A midi, nous sonnons pour faire cuire nos raviolis (le réchaud est toujours kaput à l’heure où j’écris)

Quelle surprise !  Nous sommes reçus par une famille qui a vécu une vingtaine d’année en France. Quelle joie de passer un moment avec eux et de discuter de la France. L’après-midi, il pleut. Le soir nous arrivons à Lésina, « la cité de la mozzarella di buffala et de la bonne cuisine ».

Samedi 4, Lesina à San Giovanni Rotondo

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Qu’allons nous trouver sur notre route ? de la pluie ? OUI. Des montagnes ? AUSSI !

Puis le lendemain, nous reprenons notre route vers San Giovanni Rotondo

14 km de montée vers San Giovanni. Et un peu de pluie.

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regardez bien ce qui est écrit au dessus, en jaune

 

 

 

 

Arrivés sur place, nous nous dirigeons vers le centre spirituel San  Padre Pio, centre vers lequel un prêtre de la curie nous avait orienté. Quelle surprise pour nous. La chambre est à 100 euros… Nous rions avec les dames (ou soeurs ) de la réception devant l’ironie de la situation !

Mais elles sont très gentilles. « Allez à la messe puis revenez, nous aurons trouvé quelque chose » nous proposent-elles.

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Sans en être certain, nous pensons que les guirlandes ont été mises pour la St François.

 

Nous nous exécutons. Aujourd’hui c’est la fête en Italie, nous fêtons St François d’Assise. Après la messe, procession dans la nuit en disant le chapelet. Entre chaque dizaine, la fanfare joue.

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La foi est primordiale dans cette famille

 

 

 

 

 

 

 

En fait, nous passerons notre weekend dans la famille de Veillia et Gaetano et de leurs deux enfants : Francesco et Chiara. Ici, nous apprenons beaucoup de choses, dont des recettes de cuisine. Voilà comment on dîne en Italie :

Quatre semaines auprès de familles italiennes.

L’Italie, pays si proche de la France et pourtant si différent. Délice des touristes qui parcourent la côte, joie des amateurs de l’Antiquité qui viennent contempler les nombreux vestiges de cette période du port d’Ostie aux galeries souterraines de Naples, passion des artistes qui, de Florence à la Ville Eternelle contemplent Michel-Ange, Raphaël et tant d’autres. Mais, l’Italie c’est aussi une situation économique très difficile, avec des taxes s’élevant à 50 % du salaire des travailleurs, sans compter le coût de l’électricité, des ordures ménagères, de l’eau ; et un taux de chomage très élevé. Cependant, tout ceci ne saurait nous faire connaître ce beau pays. Non, pour le découvrir, il faut plonger au coeur de la famille italienne. Ainsi, après avoir chaussé la botte pendant quatre semaines, nous pouvons tirer à gros traits son portrait.

La famille traditionnelle italienne ne s’articule pas comme l’image française laisse à le penser trop souvent, autour de la mamma. Notre image d’Epinal d’une vieille femme vêtue de noir, oppressante car omniprésente et sévère mérite d’être quelque peu dépoussiérée. En effet le centre de la famille italienne n’est pas la mère de famille mais le couple. Le père, le Capo famiglia (traduisons chef de famille) à tout autant sa place que son épouse.

Entrons dans une ville du Sud de l’Italie, puisque c’est là que vous pourrez encore voir cette famille. Il est 18h30, 19h, le jour baisse et dans les rues vous rencontrez beaucoup de monde ; des enfants qui jouent, des jeunes qui discutent, des hommes qui se baladent et échangent. Mais en fait vous ne verrez que peu de femmes, voir aucune.

Oui, madame est à la cuisine et prépare le dîner. Là, où beaucoup d’entre nous voit une marque de machisme, l’italien voit une reconnaissance. Est-ce simplement par culture, par tradition ? Non. Pour la majorité des femmes que nous avons rencontré, c’est avant tout un choix et un choix réfléchi. Travailler à la maison n’est aucunement une offense pour elle. Travailler, le mot est bien celui-là. Ici la femme n’est pas « au foyer » ou au « chômage », mais elle est considérée et par conséquent remerciée pour son ouvrage quotidien. Mais ne vous-y trompez pas, lorsque demain vous prendrez la route, vous ne verrez plus d’hommes dans la rue, puisque ceux-ci sont au travail, mais des femmes qui prennent le temps pour leur balade amicale. Amitié, convivialité, ce sont ici des constantes. Dans un même village on se connaît, on prend le temps de discuter, de faire un bout de chemin ensemble pour discuter politique ou résultat de match de foot.

Mais avançons nous encore un peu vers la porte d’une casa. Sur la porte vous verrez écrit le nom de l’homme seulement. L’extérieur de la vie de la maison incombe au mari, au père. C’est lui qui va à la poste, à la banque, qui conduit ses enfants à l’université, qui les aide à s’orienter dans le monde. Le mari, le père, est le gardien de la maison, il veille sur les alentours, il apporte sécurité et confiance aux membres de la famille. Mais passée la porte, vous entrez dans le domaine de la femme et mère de ses enfants. Vous entrez dans son monde. Peut-être devrait-il y avoir une autre plaque à l’intérieur avec le nom de la femme, nom qu’elle garde malgré son mariage. Ici tout lui appartient. De fait, pour être invité dans une famille italienne, nous avons constaté que le mari allait toujours demander la permission à sa femme. C’est chez elle et cela se voit par la décoration, la tenue de la maison. Néanmoins n’y voyait pas un rapport de force extérieur/intérieur. La femme et l’homme s’aident et se respectent mutuellement, selon leur caractère et leurs désirs. Ils ont tout deux conscience d’avoir besoin l’un de l’autre.

Ainsi une mère nous expliquait qu’au quotidien c’est elle qui incarne l’autorité. Comme souvent chez nous en France, la femme étant plus présente auprès des enfants, elle est donc leur première éducatrice. Cependant le père est loin d’être ici considérè comme un simple moyen de rappeler à l’ordre ses enfants, comme lorsque la photo du père absent trône sur la cheminée et que fuse la célèbre ritournelle : « tu sais ce que dirais ton père s’il était là ». La présence du père est vue comme nécessaire puisqu’elle permet que les angles soient arrondis et que l’autorité soit incarnée.

Quel beau paradoxe que celui-ci. A la fois le père est vu comme le fondement de l’autorité familiale, et cela passe d’abord par l’exemple, mais aussi comme celui qui permet d’adoucir la rigueur de la mère envers ses enfants. Ainsi c’est à la fois le père qui saura, par une parole ferme et intelligible, faire cesser les caprices de l’enfant, et à la fois il jouera le conciliateur en lâchant du leste comparativement à la rigueur maternelle. Rôle intéressant et peut-être en apparence très gratifiant que celui du père dans le mesure où il est vu par l’enfant comme le bienfaiteur. Néanmoins, cette image doit être contrebalancée par le fait qu’il doit tenir cette place de modèle d’autorité. L’autorité, au sens de celui qui écoute, est ici comprise avec deux facettes. En effet le père est d’abord vu comme celui qui prend le temps d’écouter. Ensuite viendra sa parole. Face aux conflits souvent stériles et épuisants qui confrontent mère et enfants, le père permet, par son écoute et parfois par son apparent lâcher prise, de désamorcer la situation. Mais pour cela, il faut que sa parole se fonde sur deux choses, l’exemple et le temps. L’enfant doit apprendre dans le temps que la parole de son père est en vue de son bien, malgré des apparences parfois trompeuses.

Revenons à notre famille italienne. La primauté que les italiens accordent à l’unité du couple en vue de l’éducation des enfants est une chose à remarquer, tellement cela ne nous est plus naturelle. Bien plus, il est une chose que nous avons oublié et qui mérite notre attention, c’est la solidarité entre les générations.

Ne venez pas proposer vos service comme nourrice, ils n’en ont pas besoin. Les grands-parents s’occupent des petits-enfants lorsque les parents sont au travail ; et les enfants s’occupent de leur parents durant leur vieillesse. Il est inconcevable pour un italien de laisser seul son père ou sa mère. Ils vivent dans la même ville, parfois la maison d’à côté. Nous avons ainsi rencontré une famille qui est partie de Naples vers Rome. Les filles ayant trouvé du travail à Rome, toute la famille a déménagée. Leur mari et leurs enfants respectifs bien sûr mais aussi les grands-parents.

La famille décrite ici est-elle bien réelle ? Oui, nous en avons rencontrées plusieurs dans le sud de l’Italie. Certes, les italiens du nord considèrent leur compatriotes habitants en dessous de Rome comme des arriérés du fait que beaucoup de femmes ne travaillent pas ou qu’elles s’occupent de la maison. Mais ils ont en fait beaucoup de points communs avec ces derniers. La différence réside dans leur proximité avec leurs voisins européens qui leur a inculquée des valeurs mortifères pour eux. En effet, l’individualisme fait des ravages. Les préoccupations diffèrent. Au nord, il faut être jeune, beau et avoir de la classe. C’est avant tout pour cela que nombre de femmes travaillent. Là, où dans le sud prime la famille, ici prime l’individu et son apparence, et par conséquent, l’économie. S’en suivent des conséquences diverses. Dans le nord on enfante moins, voir pas – 1 enfant, surtout pas plus -, on ne travaille plus, on se connaît moins. Mais la conséquence la plus dramatique est que du fait de cette situation des cultures entières vont disparaître inexorablement dans les années à venir. Dans quelques années, les régions de Venise, Padoue, Gênes ne seront plus peuplées que par des étrangers, qu’ils soient italiens ou émigrés. C’est avec eux, des traditions, des dialectes qui vont se perdre. Ainsi lorsque vous irez acheter un sandwich à Gênes, profitez aujourd’hui d’être compris par quelque personnes lorsque vous demanderez du jambon, car ce mot appartient à leur dialect et est voué à disparaître.

en ligne

un petit bonjour de St Giovanni Rotondo (nous partons à l’instant voir la tombe de Saint Padre Pio) et le sanctuaire.

juste ce petit mot pour vous prévenir que nous avons mis en ligne dans le 3ème onglet, « et pour vous?  » en tant que père », la réflexion du Père Matthieu Bobin, jeune prêtre du diocèse de Cambrai.

4 petits extraits audio de notre rencontre, l’essentiel en condensé. Peut-être faut-il un peu de temps pour que cela charge.

Bon fin de week-end et à bientôt.